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À l’orée de la banquise | Du plancton et des hommes
Photo : © Explora

À l’orée de la banquise | Du plancton et des hommes

Jeudi 21 mars à 20 h, Explora

Par Alexe-Sandra Daigneault/TV hebdo - 2019-03-11 22:14:01

Afin d’étudier la vie qui grouille dans la baie de Baffin, les scientifiques du projet Green Edge ont passé quatre mois près de Qikiqtarjuaq, au Nunavut. Le documentaire À l’orée de la banquise raconte leur voyage riche en découvertes, en rencontres et en paysages inoubliables.

 

À quelques mètres sous les glaces qui recouvrent partiellement la baie de Baffin, le phytoplancton attend patiemment le retour du soleil afin de revenir à la vie. Pendant ce temps, les scientifiques du projet Green Edge se préparent à effectuer la mission la plus exigeante de leur carrière: étudier la banquise pendant quatre mois afin d’amasser un maximum de données, histoire de mieux comprendre l’impact du réchauffement climatique sur le micro-écosystème arctique. 

Accompagnés par le réalisateur Noé Sardet, ces chercheurs de l’Université Laval, du CNRS (France), de l’UQAR ou de l’Université du Manitoba nous font donc découvrir leur difficile travail dans le documentaire À l’orée de la banquise. Ils ignorent toutefois que leur vie s’apprête à changer au contact de la terre glacée du Nunavut et du peuple qui dépend de sa générosité.  

Sur le terrain

Déterminées à comprendre tous les détails du bloom, phénomène d’efflorescence printanière du phytoplancton arctique, les deux équipes du directeur scientifique Marcel Babin commencent leur travail dès la fin de l’hiver. Pendant que l’équipage de l’Amundsen atteint le large de la baie afin de mesurer et d’étudier le pack, zone balayée par les glaces et les forts courants marins, une seconde équipe est accueillie à Qikiqtarjuaq par Éric Brossier, ingénieur et «fixeur» qui connaît bien la population locale. 

Cette équipe d’éclaireurs se rend aussitôt près de la côte afin d’y établir le camp Takuvik, qui deviendra bientôt le lieu de travail d’une cinquantaine de chercheurs. Malgré les températures de -35 °C, les blizzards et les risques de rencontres avec les ours polaires, ils réussissent à tout mettre en place avant d’être rejoints par leurs collègues. Grâce à leur imposant matériel, ils peuvent commencer la récolte de centaines d’échantillons d’eau et de carottes de glace de plus de 1 mètre… ce qui ne manque pas d’attirer l’attention des citoyens de Qikiqtarjuaq, ou Qik.

Apprendre à s’entendre

Peu habituée aux visiteurs, la petite communauté de 500 habitants se montre en effet curieuse et enthousiaste, avant d’être bouleversée par l’attitude des scientifiques. Trop pressés par leur mission, ces derniers n’ont effectivement pas beaucoup de contacts avec les habitants, et ils repoussent régulièrement les enfants qui désirent leur offrir de l’aide. Ce problème de communication devient si dérangeant que le village va jusqu’à tenir une assemblée sur la question, forçant Éric Brossier à jouer le rôle de médiateur.  

Cette mise au point a toutefois du bon, puisque les chercheurs du camp Takuvik décident d’inviter les enfants du village afin de leur faire découvrir leur travail. Certains se mettent également à proposer des jeux alors que d’autres se font enseigner l’inuktitut, ce qui permet de rapprocher les étrangers. Pour Geela S. Kooneeliusie, administratrice en chef de Qik, cela permettrait à son peuple de mieux comprendre l’importance des recherches de Green Edge et stimulerait le partage des connaissances. 

Sur la première ligne

Désormais plus sensibles à la réalité des Inuits, les scientifiques poursuivent leur travail tout en s’ouvrant à la culture de ces chasseurs sédentaires. Ils découvrent alors que les habitants de Qik sont aussi des pêcheurs qui récoltent les coquillages en plongeant sous les glaces, et qu’ils sont menacés par la présence de plus en plus imposante des ours polaires. Dépendants du froid, qui leur offre leurs proies, leur eau potable et leur mode de vie, ils sont les premiers à constater les conséquences du réchauffement climatique: afin d’appuyer ces constatations par des preuves, Green Edge devra cependant consacrer beaucoup d’années à l’analyse des données accumulées pendant ce voyage…