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Déclic: Zoom sur les photographes canadiens
Fred Herzog © Artv

Déclic: Zoom sur les photographes canadiens

Mardi 17 juillet 19 h, Artv

Julie Bosman / TV Hebdo - 2012-07-12 09:47:43

Dans le premier épisode de la nouvelle saison de la série documentaire, on se penche sur le travail de Fred Herzog, le premier photographe urbain canadien.





L’artiste, qui est aujourd’hui octogénaire, a bien failli ne jamais voir son travail reconnu de son vivant. En effet, il était âgé de 75 ans quand on a présenté pour la première fois une exposition de quelques-unes de ses photos (il en a pris plus de 100 000 au cours de sa carrière).


Un véritable pionnier

Aujourd’hui, il fait partie de l’histoire de la photographie canadienne. Non seulement reconnaît-on son talent, mais on lui attribue également le titre de «pionnier de la photographie en couleur dans les rues» et celui du «premier photographe urbain au Canada».

«Comme il a commencé en 1953, il a été en quelque sorte un précurseur, explique Ian McGuffie du Vancouver Institute of Fine Arts, interviewé dans le cadre de cette série. Les photos de Fred sont incroyables parce qu’elles transpirent la vie. Il a utilisé la couleur comme nul autre. Il a accompli quelque chose de vraiment révolutionnaire. Il a raconté la ville comme personne ne l’avait fait avant lui.»

Cette ville, c’est Vancouver. Fred Herzog, qui est originaire d’Allemagne, explique qu’une photo lui a donné envie de venir s’installer dans cette métropole. Après un court séjour à Montréal et à Toronto, il est arrivé à Vancouver en 1953 à la fin de ses études secondaires.

Il s’est mis à photographier la ville comme un reporter. Pour lui, tout était exotique: les gens, les affiches, les rues, l’architecture… Sous sa lentille, l’insignifiant devenait signifiant.

Un autodidacte

Fred Herzog n’a pas appris son art à l’école. Il a trouvé chez son oncle photographe un petit livre allemand qui expliquait les rudiments de la photographie. Il s’est mis à observer les photos dans les magazines, et cela l’a captivé.

Dès qu’il a commencé à prendre des clichés de ses amis et de paysages, il a pressenti qu’il avait trouvé sa voie. Dans la série documentaire, nous avons d’ailleurs la chance de voir une photo tirée de sa toute première pellicule.

À cette époque, la photographie n’était pour lui qu’un passe-temps. Afin de gagner sa vie, il travaillait au département des communications biomédicales de l’Université de la Colombie-Britannique. Il prenait des images dont les médecins avaient besoin pour leurs évaluations.


Des témoins du passé

L’intérêt du travail de Fred Herzog réside notamment dans le fait que ses photos sont des témoins du passé et qu’il a travaillé la couleur alors que les autres photographes «sérieux» utilisaient le noir et blanc.

«Fred ne se souciait pas de savoir si les gens acceptaient ou non son travail, explique le photographe Stephen Waddell. L’opinion des autres lui importait peu. Il continuait à arpenter les rues. C’est la raison pour laquelle son œuvre a du succès. Les gens se bousculent pour la voir et l’admirer bien que, à un certain moment, le travail de Fred ne les intéressait aucunement.»

Déclic permet aux téléspectateurs de visiter le modeste bureau de Fred Herzog et l’atelier qu’il a installé dans sa maison. Comme sa mémoire n’est plus aussi bonne qu’autrefois, il concède qu’il serait utile que l’Office national du film lui envoie quelqu’un pour l’aider à classifier ses nombreuses diapos, mais, pour l’instant, il s’y oppose: «Je ne veux pas être dérangé.»

Le photographe continue à déambuler dans les rues et à immortaliser ce qu’il voit. «J’ai 80 ans, et ce n’est qu’aujourd’hui que mon travail vaut le détour.»


Une deuxième saison riche

Au cours de la deuxième saison de Déclic (une adaptation de la série SnapShot, de TVO), on présentera également le travail de Lincoln Clarkes, de Lana Slezic, de Michael Levin, de Barbara Cole et d’Adam Makarenko.