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«Docu-D: David et moi»: Que justice soit faite
Ernestine McCallum, la mère de David; Deborah Blenner, sa soeur, ainsi que son neveu et sa nièce. © Canal D

«Docu-D: David et moi»: Que justice soit faite

Dimanche 18 octobre 22 h, Canal D

Par Alexe-Sandra Daigneault / TV Hebdo - 2015-10-08 10:51:22

David McCallum a 16 ans lorsqu’il est condamné à la prison à perpétuité pour un crime qu’il n’a pas commis. Près de 30 ans plus tard, il cherche toujours à être libéré et, surtout, à blanchir son nom. Heureusement, il n’est pas seul... 






La triste histoire de David McCallum débute le 20 octobre 1985. Ce jour-là, Nathan Blenner est enlevé devant son domicile du Queens par deux adolescents noirs. Le lendemain, le corps sans vie et la voiture incendiée de Nathan sont retrouvés un peu plus loin, et l’agent Joseph Butta ouvre une enquête. Une semaine plus tard, David et son ami Willie Stuckey sont arrêtés. Effrayés par l’interrogatoire musclé que le policier leur fait subir, les deux jeunes craquent et répètent, devant une caméra, la confession que Butta a écrite pour eux.

À cause de la mauvaise presse que reçoivent les jeunes Noirs dans les années 80, d’un avocat incompétent et d’un système judiciaire défaillant, David et Willie sont condamnés à la prison à perpétuité. Willie est terrassé par une crise cardiaque en 2001, mais David continue de se battre pour eux deux. Grâce à de nouveaux amis, dont un avocat réputé, un professeur, un réalisateur, un détective privé, un activiste célèbre ainsi que des supporters, il espère revoir bientôt le bleu du ciel.


Une deuxième famille

Ces nouveaux amis n’arrivent pas dans la vie de David par hasard. Tout commence lorsque Ken Klonsky, un professeur de Vancouver, publie un article sur Rubin «Hurricane» Carter. Touché par l’histoire de ce boxeur accusé à tort d’un triple meurtre en 1966, David écrit à Ken, et les deux hommes se lient d’amitié. À la demande de David, le professeur se penche sur son cas, y découvre plusieurs incongruités et part en croisade pour le faire libérer.

Quand l’adolescent de Ken, Ray, commence à flirter avec le crime, son père espère que David saura mieux que lui lui faire entendre raison. Grâce à leur correspondance, non seulement Ray comprend qu’il est temps de changer, mais il entre aussi à l’école de cinéma et entame le tournage d’un documentaire sur l’homme qui lui a permis de reprendre sa vie en main. C’est ce film, réalisé avec son ami et camarade de classe Marc Lamy, que Ray nous donne à voir aujourd’hui. À la fois enquête journalistique, film de famille et documentaire, David et moi nous fait découvrir les méandres de cette affaire de manière particulièrement intime. Au-delà des espérances, des frustrations et des nombreux culs-de-sac de cette quête de justice, Ray arrive à prouver que «la vie ne se limite pas à soi», comme le dirait si bien David.


Fouiller le passé

Alors que David s’apprête à essuyer un quatrième refus de libération conditionnelle (car il n’est pas question pour lui de s’avouer coupable), ses amis s’échinent à trouver la solution qui lui permettra d’être blanchi. Pour ce faire, ils doivent remonter 30 ans en arrière et trouver de nouvelles preuves, ce qui reste la seule manière de rouvrir le dossier. La tâche n’a rien de facile: la moitié des personnes impliquées sont mortes, et les autres refusent de parler.

Grâce à l’avocat Oscar Michelen et au détective Van Padgett, qui ont fait libérer des innocents par le passé, de même qu’au soutien inconditionnel de Hurricane Carter, Ray découvre des éléments troublants. Tous les experts qui se penchent sur la question sont d’accord: les aveux de David et Willie ne sont pas seulement discordants, ils possèdent aussi tous les éléments qu’on attribue à de faux aveux.

Malgré un dossier clair et plus que solide, la famille et les proches de David doivent attendre jusqu’à l’élection du nouveau procureur de New York, en 2013, pour que l’espoir renaisse enfin... Mais même si David n’avait pas été finalement blanchi à l’issue d’un nouveau procès bouleversant, il aurait compris l’essentiel: il n’y a de droiture que dans la vérité, et les justes sauront toujours la reconnaître.