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Docu-D : Le Titanic dévoilé | L’épave Tirée des eaux
Les scientifiques peuvent maintenant voir le Titanic aussi clairement que s’il était sur la terre ferme. Photo : Canal D

Docu-D : Le Titanic dévoilé | L’épave Tirée des eaux

Mercredi 11 avril à 22 h, Canal D

Par Marie-Hélène Goulet/TV hebdo - 2018-03-29 20:59:21

Le 11 avril (jour de la diffusion du documentaire) le Titanic a fait sa dernière escale en Irlande avant de voguer vers l'Amérique... Canal D nous en apprend davantage sur le plus célèbre paquebot de l’histoire. Grâce à une technologie de pointe, Le Titanic dévoilé nous montre l’épave hors de son linceul océanique.

L’épave a été retrouvée en 1985, à 4000 m de profondeur, au large de Terre-Neuve. Cette découverte a passionné la communauté scientifique, qui a soumis plusieurs hypothèses sur le fameux naufrage, sans toutefois avoir aucune certitude. Trente ans plus tard, une nouvelle technologie a permis de faire une cartographie 3D de la carcasse du navire et des champs de débris qui l’entourent. Lorsqu’on fait abstraction de l’océan, le Titanic se dévoile comme jamais.

«Dans le passé, étudier le Titanic avec la technologie dont on disposait revenait à dessiner la carte de Manhattan grâce à ce qu’on voyait de la hauteur d’un immeuble de 10 étages, derrière une vitre embuée, à la lueur d’une lampe torche, alors qu’il faisait nuit noire. C’était compliqué, et le mot est faible», affirme James Delgado, le directeur du programme mari­time Heritage. 

La vérité sur le désastre

La reproduction 3D de l’épave, un projet réalisé après quatre ans d’acharnement, permet maintenant aux experts de répondre à plusieurs de leurs questions sur le naufrage. Bien que près de 700 passagers aient survécu à la tragédie, il était difficile de reconstituer les faits grâce à leurs témoignages, parce que chaque survivant avait sa propre perception des choses. Ainsi, plusieurs témoins ont affirmé à la presse que l’iceberg avait créé une brèche de 100 m dans la coque droite du navire, ce qu’aucun plongeur n’a réussi à confirmer. Cette énorme ouverture ne coïncidait pas non plus avec le temps relativement long qu’aurait mis le paquebot à sombrer, soit 2 h 30 min. La modélisation virtuelle de la proue permet maintenant de montrer les réels dégâts causés par l’iceberg. C’est à cause d’un simple trou de 1,5 m2, par lequel s’engouffraient 1400 L d’eau par seconde, que «l’insubmersible» Titanic a touché le fond. Les nouvelles données visuelles montrent également à quel endroit le bateau s’est scindé en deux, contredisant le film de James Cameron.

En mémoire des naufragés

Bien que les images 3D que présente la National Geographic Society dans Le Titanic dévoilé puissent paraître dépourvues de toute émotion, les scientifiques qui les scrutent sont extrêmement touchés par l’histoire de ceux qui ont péri en 1912. Ils sont remués lorsqu’ils regardent les objets qui leur ont appartenu et qui reposent toujours sur le fond océanique. On a toutefois sorti certains de ces souvenirs matériels de l’eau et on les a précieusement conservés en mémoire des disparus. C’est le cas de bijoux précieux et d’une montre à gousset, propriété d’un hôtelier qui espérait s’installer dans l’ouest des États-Unis avec sa famille.

Un calepin ayant appartenu au jeune Edgardo Samuel Andrew est particulièrement émouvant. Malgré les ravages de l’eau, on peut toujours y lire les mots du jeune homme de 17 ans. «On imagine ce garçon en partance pour l’Amérique, tout seul en troisième classe. Malheureusement, Edgardo n’a pas survécu au naufrage», raconte Alexandra Klingelhofer, vice-présidente des collections RMS Titanic.

Un dilemme

Si, selon certains descendants des victimes, les artefacts trouvés au fond de l’Atlantique font revivre les naufragés, pour d’autres, l’épave est un cercueil qu’il faut arrêter de fouiller par respect pour les morts. Cette contradiction idéologique pose problème aux scientifiques, qui voient le bateau se dégrader au fil des années. En effet, la carcasse de métal est couverte de stalactites de rouille surnommées «rusticles». L’étude de ces formations a révélé qu’elles abritaient des milliards de bactéries qui puisent leur énergie dans le fer de la carcasse du navire. Dans quelques centaines d’années, elles auront dévoré le bâtiment en entier. D’ici là, il faudra décider si on laisse le Titanic reposer en paix ou si on remonte à la surface les trésors qu’il garde toujours en son sein.