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«Enfants transgenres»: Nés dans le corps d'un autre
Kyla et sa mère, Chelsea. © Freepik

«Enfants transgenres»: Nés dans le corps d'un autre

Jeudi 31 décembre 19 h, MOI&cie | TÉLÉ

Par Alexe-Sandra Daigneault / TV Hebdo - 2015-12-17 09:31:37

Dans nos sociétés plus ouvertes que jamais, de plus en plus d’enfants transgenres réclament le respect. Pourtant, on peine encore à les comprendre. Grâce à ce documentaire, on obtient toutefois quelques pistes de réflexion. 




Il y a 50 ans à peine, jamais un parent n’aurait accepté que son enfant adopte une identité sexuelle différente de celle qu’il avait à la naissance. Aujourd’hui, on trouve de plus en plus de jeunes courageux, qui osent demander qu’on les traite comme une personne du sexe opposé. Cependant, leurs parents ont beau être ouverts d’esprit, ils auraient besoin de davantage de ressources pour arriver à comprendre leurs enfants. Grâce aux jeunes transgenres Josie, Kyla et Chris ainsi qu’à leurs parents et amis respectifs, le documentaire Enfants transgenres bâtit un pont entre les générations en explorant les peurs, les espoirs et les défis quotidiens de ces jeunes pionniers du transgénétisme.


Dès le berceau

À Tucson, en Arizona, on rencontre Josie, qui vit comme une fille depuis deux ans. Maintenant âgée de huit ans, l’ex-Joseph sait depuis toujours qu’elle n’est pas née dans le bon corps. Ses parents se sont inquiétés assez tôt de ses réactions colériques dès qu’elle entendait de simples pronoms masculins. Quand sa mère, Vanessa, a surpris Joseph alors qu’il s’apprêtait à couper son propre pénis, elle a décidé de faire ce qu’il fallait et d’obtenir un diagnostic de dysphorie sexuelle. Effrayée à l’idée que son enfant soit si malheureux qu’elle finisse par le perdre, Vanessa a préféré faire le deuil de son fils pour accueillir sa fille, malgré toutes les difficultés que cela comportait.

Les parents de Kyla Letchelt, une fillette de Californie également âgée de huit ans, sont passés à travers le même torrent d’émotions. Lorsqu’ils ont constaté que leur fils, Kie, aimait jouer avec des poupées et s’habiller en rose, Andrian et Chelsea n’ont eu aucun problème à accepter qu’il soit homosexuel, mais ce n’était pas le cas: Kie était une fille dotée d’un pénis, et ses parents étaient terrifiés à l’idée qu’elle se fasse rejeter en adoptant une identité sexuelle autre que celle qu’elle avait à la naissance.


Le bon et le mauvais

Même s’ils avaient peur que leurs enfants changent d’idée, qu’ils soient rejetés ou ridiculisés, les parents de Josie et de Kyla se sont rendu compte que leurs petits garçons sont bien plus heureux en tant que filles et qu’ils ont pris la bonne décision en acceptant leur transgénétisme. Si on en croit le parcours de Chris Mari (autrefois Julia), un jeune de 16 ans en pleine puberté artificielle, l’avenir de Josie et de Kyla pourrait même être plus rose que prévu. En effet, depuis qu’il a commencé sa transition, à 12 ans, Chris est plus heureux que jamais, et ses amis — tout comme sa copine — le considèrent comme un garçon ordinaire.

Bien sûr, Chris et ses parents ont connu des moments difficiles. Son état a longtemps été considéré comme une phase à traverser et Chris a beaucoup souffert avant que sa mère constate enfin l’ampleur de sa détresse. Quant à son père, qui n’accepte toujours pas la situation, il ne lui a pas été d’un grand secours lorsque Chris vivait des moments de crise. C’est plutôt Evan Davis, un ami transgenre rencontré grâce à un groupe de soutien, qui lui sert de modèle paternel. Après des années de colère et de tristesse, Chris a renoué avec le bonheur grâce à la compréhension de sa mère et d’Evan, qui sont devenus un couple!


Incompris

Alors que Josie, Kyla et Chris nous racontent à quel point ils sont convaincus d’avoir fait le bon choix, on se rend compte que leur décision est lourde de conséquences — et pas seulement pour eux. Leurs parents doivent en effet accepter de vivre un deuil immense ponctué de nombreuses incompréhensions, et ils ne sont pas non plus à l’abri du jugement des autres. Ils doivent faire face à ceux qui remettent leur «permissivité» en question, en plus d’être accusés d’encourager les «déviances» de leurs enfants. À la suite de la diffusion du documentaire Enfants transgenres, on espère cependant que ces détracteurs constateront à quel point ils se trompent.