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«Juste pour rire: juste pour Laval»: une ville et son bien-cuit
Stéphan Bureau © TVA

«Juste pour rire: juste pour Laval»: une ville et son bien-cuit

Jeudi 20 mars 21 h, TVA

Marie-Hélène Goulet / TV Hebdo - 2014-03-06 15:16:42

Après Québec et Saguenay, Juste pour rire se paye la tête de Laval au cours d’un gala spécial. Pourquoi avoir choisi la voisine de Montréal? «Le potentiel humoristique de Laval est énorme! C’est là qu’a été inventé l’abri Tempo», rigole d’entrée de jeu Stéphan Bureau.



Concepteur et animateur de la formule «Juste pour rire d’une ville ou d’une région», Stéphan Bureau a hésité avant de consacrer un gala entier à la troisième plus grosse ville du Québec. Un rapport de recherche d’une centaine de pages l’a toutefois convaincu que les Lavallois avaient leur identité propre. «Laval est une ville importante au Québec, parce qu’elle représente en quelque sorte l’invention du concept de la banlieue.

Claude Meunier, qui y est né, s’en est d’ailleurs inspiré pour écrire Les voisins», affirme l’animateur qui a confié à Dominic et Martin, Guy Nantel, Dominic Paquet, François Massicotte, Stéphane Poirier et Philippe Bond le mandat d’écrire sur Laval.


Les grands espaces et le magasinage

Après que chacun se soit rendu sur l’île Jésus en voiture, en train ou en Bixi, le gala démarre par la conquête de l’espace de Dominic et Martin. Si le premier, vêtu d’un habit d’astronaute, est en admiration devant le Cosmodôme et le Colossus, l’autre entretient plutôt la foule sur les vastes espaces de la ville, comblés par ses multiples stationnements.

«La moitié du budget en lignes jaunes du Québec est à Laval», blague-t-il. Plus qu’un havre de magasinage, Guy Nantel, lui, voit en l’endroit l’occasion de développer le tourisme. «Les Français ont la route des vins, nous pourrions avoir la route des pots de vin», lance-t-il dans un monologue sur la corruption encore bien actuel, même si la ville a connu une course à la mairie depuis l’enregistrement du gala à l’automne 2012.


On aime Laval

Philippe Bond est nostalgique quand il pense à Laval, sa ville natale. Il raconte comment il a fait découvrir à son neveu Alexis la ville de son premier french en l’initiant à jouer des tours dans les toilettes des centres d’achat. Son attachement pour la voisine de Montréal n’a toutefois rien à voir avec celui de Stéphane Poirier qui a choisi l’endroit, il y a cinq ans, pour y poser ses pénates.

«Vous savez qu’une fille ordinaire se tient toujours avec une fille moins belle pour se sentir valorisée. Eh bien moi, c’est pour ça que j’ai choisi de déménager à Laval, parce que quand je parle à des douchebags, j’ai l’impression d’être Albert Einstein», raconte-t-il.

Il n’est pas le seul à se moquer des douchebags sur scène. Habillés de t-shirts blancs pas mal trop serrés, Dominic Paquet et François Massicotte s’y transforment carrément en deux grands bêtas superficiels.


«Défi Laval»

À l’extérieur des murs, Cathy Gauthier et Philippe Laprise relèvent quant à eux le «Défi Laval». Pour être couronnés champions, les deux humoristes doivent réussir trois épreuves, dont la première se déroule à l’Institut de protection contre les incendies du Québec, où tous les pompiers québécois sont formés.

Vêtus d’un équipement pesant 25 livres, les apprentis pompiers doivent maîtriser un boyau d’arrosage générant 50 livres de pression. La seconde épreuve se passe de commentaire puisqu’elle consiste à trouver le maximum de clubs de danseuses en 30 minutes. Finalement, les deux clowns s’improvisent mimes au Colossus. «Cette espèce d’Amazing race permet aux gens de découvrir la ville autrement», explique Stéphan Bureau.


Qui aime bien...

Avec toutes les blagues sur les allégations de corruption dont leur ville est la cible, les Lavallois peuvent voir là une occasion de rire enfin de bon cœur de leurs déboires. Surtout en sachant que Stéphan Bureau part du principe selon lequel «Qui aime bien châtie bien».

«Il faut aimer beaucoup pour réaliser un gala comme celui-là, qui nécessite près de six mois de travail. Le spectacle démontre que les Lavallois ont une place spéciale au Québec», explique-t-il.

Par contre, il n’est pas nécessaire de venir de Laval pour trouver son compte dans l’émission. Bien des banlieusards se reconnaîtront dans les thèmes abordés, tandis que les Montréalais riront jaune en jalousant secrètement les grands espaces qu’ils n’auront jamais.