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L'envers du personnage: Constance Forest de «Faits divers»
Fred Bérubé et Constance ont déjà été amants, et l’enquêteur montréalais garde un fort bon souvenir de cette relation... © Serge Gauvin

L'envers du personnage: Constance Forest de «Faits divers»

Le calme à travers la tempête

Par Marie-Hélène Goulet / TV Hebdo - 2017-09-27 11:46:58

Une nouvelle héroïne a fait son apparition au petit écran à la rentrée: Constance Forest, chef enquêteuse du bureau régional de Mascouche dans Faits divers. L’auteure de la série, Joanne Arseneau, nous en dit plus long sur cette policière qui semble toujours garder son sang-froid.




Madame Arseneau, de qui vous êtes-vous inspirée pour créer le personnage de Constance?

Je ne me suis pas inspirée d’une personne en particulier; j’avais plutôt envie de voir une héroïne calme à l’écran. Alors qu’elle est en pleine tempête dans sa vie professionnelle et dans sa vie privée, elle reste posée. C’est d’ailleurs pour ça que je l’ai prénommée Constance.


Quelle enfance lui avez-vous imaginée?

Constance a été élevée par un père «sur le party», un ancien musicien, à côté d’un motel où passaient toutes sortes de gens. Ce n’était pas un environnement très stable. Comme son entourage manquait de rigueur, elle s’est autodisciplinée. Ainsi, j’ai l’impression qu’elle devait être à son affaire et très bonne à l’école. J’ai souvent observé ce genre de comportement chez des enfants dont les parents étaient bohèmes: ils deviennent des adultes très stricts afin de compenser ce qu’ils n’ont pas vécu dans l’enfance. Avec un tel passé, ce n’est pas étonnant à mes yeux que Constance soit devenue policière.


On a appris tôt dans la série que la mère de Constance était décédée. Quel genre de femme était-elle?

Je pense qu’elle était plus organisée que son mari. Si le motel familial a survécu toutes ces années, c’est parce qu’elle s’occupait de l’entreprise. Ce ne sera pas mentionné mais, dans mon imaginaire, elle est morte d’une maladie, comme un cancer.


Comment décririez-vous la relation de Constance avec sa sœur, Zoé (Alexa-Jeanne Dubé)?

Elles forment pratiquement un couple! Constance a vraiment besoin d’elle pour s’occuper de ses trois enfants, et Zoé aime se sentir utile. Il n’en demeure pas moins qu’elle souhaiterait parfois réaliser ses propres rêves professionnels.  Elle touchera un mot à sa sœur de son désir de s’affranchir d’elle plus tard dans la saison, et il y aura des tensions entre elles à ce sujet. Il est vrai qu’on se demande ce qu’il adviendra de Zoé quand les petits de Constance voleront de leurs propres ailes.


Qu’est-ce qui a attiré Constance chez son ex-mari, Sylvain (Patrick Hivon)?

Comme elle, il n’a pas eu des parents très rigides; ils flirtaient même avec la criminalité. Il a tenté de s’en dissocier sans arriver à renier sa nature. Quand Constance l’a rencontré, il était encore policier, mais elle a aimé le côté bum qu’il gardait en lui. Ayant le complexe de la sauveuse, Constance a eu inconsciemment envie de le sortir de son milieu, comme elle aimerait tirer son père de l’alcoolisme.


Quelle relation a-t-elle eue avec l’enquêteur Frédérik Bérubé (Émile Proulx-Cloutier), de Montréal?

Ils ont été amants, sans plus. Ils se sont peut-être vus une dizaine de fois en sept ou huit ans, soit depuis qu’ils se connaissent, et ont passé quelques nuits ensemble. On sent que Fred aimerait qu’il en soit autrement, mais il est marié.


Qu’est-ce qui fait de Constance une bonne policière?

Elle a une grande sensibilité, un bon instinct et beaucoup de persévérance.


Pourquoi n’a-t-elle pas tenté de se joindre à l’escouade des crimes majeurs, à Montréal?

Un policier de banlieue peut rejeter ce type de poste pour plusieurs raisons, dont le fait de ne pas vouloir déménager. Quant à Constance, je crois qu’elle n’est tout simplement pas carriériste. Elle aime son travail, mais elle a une vie en dehors de sa profession.


Quelle est la pire faiblesse du personnage?

Comme bien des femmes, il lui arrive de manquer d’assurance, de confiance en soi. Son syndrome de la sauveuse ne l’aide pas toujours non plus. Quand on s’oublie pour se mettre au service des autres, ça devient un gros défaut.


Qu’est-ce que l’actrice Isabelle Blais apporte au personnage?

Je n’ai pas participé à la distribution des rôles de Faits divers; pourtant, j’ai pensé à Isabelle pendant que j’écrivais la série, en me disant qu’elle serait bonne dans ce rôle. Elle apporte beaucoup de sérénité à Constance. Elle est lumineuse, maternelle et calme, tout ce qu’il faut pour incarner mon héroïne.