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L'idole de Catherine Renaud
Catherine Renaud © Guy Beaupré

L'idole de Catherine Renaud

«Gérard Poirier a semé chez moi le désir de faire ce métier»

Par Michèle Lemieux/TV Hebdo - 2016-12-21 14:25:02

Depuis l’âge de 14 ans, Catherine Renaud voue une admiration profonde à Gérard Poirier. Si c’est au théâtre que la comédienne a eu un coup de cœur véritable pour cet acteur de grand talent, elle a eu la chance de le revoir sur le plateau de Mémoires vives. L’occasion lui a été donnée de lui rappeler le rôle qu’il a joué dans sa vie.

Le premier coup de cœur professionnel de Catherine Renaud a eu lieu au Théâtre du Nouveau Monde lorsqu’elle est allée voir la pièce Le Tartuffe, de Molière, dans laquelle jouait Gérard Poirier. «Je devais avoir autour de 14 ans, se souvient-elle. Je n’allais pas souvent au théâtre. C’est mon parrain et ma marraine qui m’avaient offert ce billet en cadeau. Gérard Poirier jouait Orgon, et au moment où son personnage découvrait qu’il avait été trahi, il était anéanti. Son interprétation m’avait à la fois émue et bouleversée! J’étais au balcon, alors je n’étais pas vraiment proche de la scène, mais j’avais constaté qu’on pouvait transporter une émotion jusqu’au fond d’une salle. Ce jour-là, j’ai compris que ce métier pouvait toucher les gens, et je me suis dit que c’est ce que je voulais faire.»

Un grand acteur

Au fil des ans, Gérard Poirier a séduit plusieurs générations, de La pension Velder dans les années 1950 à Mémoires vives plus récemment, en passant par Du tac au tac, Le temps d’une paix, Les Plouffe, Le parc des braves et L’auberge du chien noir. «Je suis tombée en amour avec lui, poursuit Catherine. J’ai aimé tout ce qu’il a fait. Après ce spectacle, je lui ai écrit une lettre pour lui dire que je voulais devenir comédienne et je lui ai demandé conseil. Il m’a alors répondu par une lettre écrite à la main. Ensuite, je suis retournée le voir jouer à quelques reprises et je lui ai écrit à nouveau. Chaque fois, il m’a répondu. Il a vraiment été très généreux. J’ai même eu la chance d’aller le voir après une pièce pour lui dire que c’était moi qui lui écrivais ces lettres. J’ai relu à quelques reprises la lettre dans laquelle il me donnait des conseils sur ce métier. C’était très inspirant. Il commençait sa lettre en se disant surpris d’avoir une admiratrice d’un si jeune âge, et il me rappelait qu’il fallait avoir de la foi et de la persévérance pour affronter les moments difficiles qui se présenteraient à moi. Puis, il concluait en disant: «Puissiez-vous un jour faire partie de notre grande famille d’acteurs et d’actrices!»

Une rencontre sur le plateau

Catherine, qui est de la distribution de Mémoires vives, a été particulièrement heureuse d’apprendre que M. Poirier allait avoir quelques jours de tournage dans la série. «J’ai raconté mon histoire à des gens de l’équipe, excitée à l’idée de le revoir. Je retrouvais mon émotion d’adolescente, qui trouvait l’acteur toujours aussi inspirant. Nous n’avions pas les mêmes horaires de tournage, mais j’ai décidé de venir quand même sur le plateau. Je suis allée à sa rencontre et j’ai frappé à la porte de sa loge en serrant contre moi les lettres qu’il m’avait écrites. Je les lui ai montrées et lui ai rappelé que ses conseils avaient été profitables pour moi. Je l’ai remercié d’avoir fait tout cela. Il avait semé chez moi le désir concret de faire ce métier. Le fait qu’il prenne le temps de me répondre a fait une différence dans ma vie. Je ne me suis jamais sentie ainsi devant un autre acteur; je tremblais en lui parlant.»

Un jeu véridique

Encore aujourd’hui, Catherine convient que le jeu de M. Poirier est teinté d’une rare vérité. «À la télé, dans les films ou au théâtre, il y a chez cet acteur une grande subtilité, soutient-elle. Il y a une telle finesse chez lui, même dans ses gestes. Il arrive à recréer la vérité par de petits détails. C’est un acteur précis. Manifestement, il est travaillant. Je l’ai vu dans le court métrage Henry, et il m’a beaucoup émue. J’ai adoré!» Un projet qu’elle aimerait partager avec lui? «N’importe lequel! dit-elle. Jouer avec lui, c’est comme tourner avec Albert Millaire dans Mémoires vives ou Guy Nadon dans O’: c’est un honneur. Ce sont de grands acteurs. On ne peut que se laisser porter par les scènes. Je serais folle de joie de jouer avec Gérard Poirier, quel que soit le projet. Après toutes ces années, je serais curieuse de savoir quel serait son conseil pour durer au sein de ce métier!»

On peut voir Catherine Renaud dans le téléroman Mémoires vives, qui sera de retour après les fêtes. Elle travaille aussi en doublage.