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La série qui m’a fait connaître | Marilyse Bourke
Marilyse Bourke | Photo : Dominic Gouin

La série qui m’a fait connaître | Marilyse Bourke

«Watatatow a été une école»

Par Annie Hogue/TV hebdo - 2019-04-25 23:45:52

Au début des années 1990, Marilyse Bourke décide de s’inscrire à un concours permettant d’obtenir un rôle dans la populaire série Watatatow. Elle ne s’attend pas à gagner, mais, surprise! elle obtient le rôle de Maggie Malo. Depuis, elle n’arrête plus de travailler.

 

Marilyse, dans quel contexte t’es-tu retrouvée dans la série Watatatow?

C’est un concours qu’organisait Watatatow et qui devait permettre d’obtenir un rôle dans la série pour trois épisodes. Le concours était organisé à la grandeur de la province et il y avait un long processus d’auditions. Je me souviens d’en avoir passé au moins quatre. 

Est-ce que tu savais quel rôle tu aurais à jouer si tu étais choisie?

Non, on ne le savait pas. Certains personnages étaient écrits pour le gagnant, mais on m’a dit que celui de Maggie existait déjà, mais qu’on ne l’avait pas encore utilisé. 

Qu’est-ce que représente l’expérience Watatatow pour toi?

Watatatow a été une école, vraiment! Je n’avais jamais joué quand j’ai commencé dans la série. J’avais seulement fait une année en art dramatique à l’école. Je ne savais même pas comment dire mes phrases. Je partais de loin... Quand j’ai su comment livrer mon texte, il a fallu que j’apprenne à le sentir. Le réalisateur m’a dit: «J’entends Maggie Malo, mais je ne la vois pas». Il n’avait pas tort. Je n’avais pas l’assurance de Maggie, et jouer une fille comme elle, qui a un front de bœuf, c’était tout un défi! Ç’a été un long chemin pour sortir de ma coquille. J’étais une jeune fille réservée, pas très sexuée, tout le contraire de Maggie… Ç’a été pour moi de grands apprentissages, un peu douloureux. J’avais conscience de ne pas être capable d’aller aussi loin que je le devais. En même temps, c’était très excitant. Même si j’étais souvent insatisfaite, l’expérience a été très formatrice. Nous étions un groupe de jeunes qui, pour la plupart, jouaient pour la première fois. C’était parfait pour comprendre et apprendre. 

Tu avais quel âge, à ce moment-là?

Seize ans. 

Tu disais être une jeune fille timide. Comment as-tu trouvé l’audace de t’inscrire à un tel concours?

C’est drôle, car je me l’explique mal… L’explication que je peux trouver, c’est que je faisais de la danse à l’époque. J’aimais le sentiment de devoir donner le meilleur de moi-même quand je montais sur scène. C’était sérieux pour moi et ça rejoignait mon côté cartésien. Pour participer au concours de Watatatow, on devait déchirer un petit coupon dans les journaux. Il y avait une ligne pour se décrire. Je n’aurais jamais cru être choisie et, au lieu de répondre à la question, j’avais parlé de ce que j’aimais de la scène, du bonheur que ça me procurait. J’ai passé la première vague d’auditions, puis nous avons été 40, puis 10... À ce moment-là, le côté première de classe a pris le dessus et j’ai eu envie de gagner. Avec le recul, je crois que je l’ai fait sans vraiment réfléchir. 

À quel moment as-tu su que tu voulais devenir comédienne?

C’est un long fleuve tranquille… Tu ne peux pas rêver de faire ce métier si tu ne te trouves pas bonne, et c’était mon cas. Avec Watatatow, je devais seulement participer à trois épisodes, mais je revenais chaque année et j’avais de plus en plus d’épisodes. Ça m’a permis de comprendre la mécanique du jeu et de m’améliorer. Lorsque j’ai terminé le cégep, j’ai décidé d’arrêter les études pendant une année, en me disant que je pourrais y revenir après. J’ai décidé de me trouver un agent et de passer des auditions. Les choses ont bien tourné pour moi. Toutefois, j’ai eu le complexe de l’imposteur pendant longtemps. Je n’étais pas capable de répondre que j’étais comédienne lorsqu’on me demandait ce que je faisais dans la vie. 

As-tu revu les épisodes de Watatatow?

Pendant longtemps, j’étais incapable de les revoir. C’était trop confrontant pour moi. Je n’ai jamais participé à l’émission Les enfants de la télé et je réalise qu’il y a beaucoup de matériel que je n’ai jamais revu. À un moment, j’ai trouvé une petite scène de Maggie et, aujourd’hui, ça me touche. Je n’ai plus le regard dur que j’avais il y a 10 ou 15 ans. 

Il y a quelques semaines, nous avons fait le deuil de la série O’ dans laquelle tu jouais Louisa O’Hara. Quel souvenir gardes-tu de cette aventure?

Nous étions tous très proches. Je n’utilise pas souvent le mot famille quand je parle du travail, mais pour O’, c’est vraiment ce que c’est. Nous avons développé une relation particulière avec nos partenaires de jeu, une vraie dynamique familiale. 

Est-ce que O’ est pour toi le projet le plus marquant de ta carrière à ce jour?

Je crois que c’est le plus marquant dans la tête des gens… Pour moi, ce n’est pas le seul. Une grenade avec ça a été une série marquante, Les Invincibles aussi. Pour ce qui est de O’, Louisa a marqué le public, car c’est rare de voir un personnage aussi gentil. Les gens l’aimaient d’amour. 

Vois-tu une différence dans la façon dont les personnages sont perçus par le public entre l’époque Watatatow et aujourd’hui?

Avec l’arrivée des réseaux sociaux, on est dans l’instantanéité! Personnellement, je ne suis pas très présente sur le Web. J’utilise les réseaux sociaux avec parcimonie. Mes personnages, comme celui de Louisa, ne sont pas menaçants et les commentaires sont gentils. À l’époque, Maggie Malo ne faisait pas l’unanimité. Elle était dérangeante et je ne sais pas si, à 16 ans, j’aurais pu gérer les commentaires négatifs.

Quels sont tes autres projets?

Je jouerai dans la pièce Le schpountz au Théâtre du Rideau Vert en mai et juin et nous irons en tournée à l’automne. Je reprends le magnifique texte de la pièce Les voisins tout l’été, à Drummondville. Il y a aussi la troisième saison de Max et Livia. J’ai un petit rôle, mais il me procure beaucoup de plaisir. C’est agréable de tourner avec des jeunes, ça me ramène vers ce public.