Télévision / Reportages

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La télé vue par Madame Louise
Marie-France Bazzo © TQc

La télé vue par Madame Louise

Bonne chance, Marie-France!

Louise Cousineau / TV Hebdo - 2011-05-11 12:01:40

La reine de Télé-Québec, Marie-France Bazzo, a annoncé que sa maison de production allait présenter un quiz la saison prochaine.

Comme j’aime les quiz, je dis hourra!

Comme je déteste les jeux-questionnaires mal conçus, je dis attention!

Car Télé-Québec a une très mauvaise moyenne au bâton côté jeux.

Remontons un peu dans le temps.

Un quiz ennuyeux

Durant la saison 98-99, Télé-Québec a présenté Le jeu du siècle, dont l’animation avait été confiée à Denise Bombardier. Femme de tête aux multiples talents et à la langue bien pendue, Mme B avait une vaste expérience de la radio et de la télé. Elle était en quelque sorte l’ancêtre de Marie-France Bazzo. 

Eh bien son quiz, qui portait sur les événements du XXe siècle, a été un gros bide. J’y ai participé une fois et je me suis bien ennuyée, même si mon partenaire, le président de La Presse à l’époque, Roger D. Landry, et moi avons eu le plus de points. 

Mme B n’était pas dans son élément à cette animation. Raide, alors qu’elle peut être drôle dans la vie.

Et aussi, et ça m’avait beaucoup déçue, sa connaissance des sujets n’était pas parfaite. Un must pour animer un quiz. Parlant du président américain Eisenhower, elle avait prononcé son prénom «Dwig». Alors que c’était Dwight, qui rime avec right. 

Anecdote sur Eisenhower, non incluse dans Le jeu du siècle. Quand son fils est né, maman Eisenhower s’est décarcassée pour trouver un prénom qui ne pourrait pas être raccourci. Pas de Michael qui donne Mike ou de Robert qui devient Bob.

Maman a perdu la partie. Toute sa vie, Dwight a été surnommé Ike. Quand ce général s’est présenté à la présidence, son slogan était «I Like Ike».

Le jeu du siècle a duré une saison.

Un animateur, oui, mais…

Mme Bazzo a déjà annoncé qu’elle n’animerait pas son quiz. Et qu’un homme serait choisi pour le faire.

Bonne idée, mais pas toujours.

Vous rappelez-vous Le tournoi des mètres, présenté à Télé-Québec en 2006? L’animateur était de sexe masculin. Il s’agissait du comédien Martin Drainville. 

Le titre de l’émission, un mauvais jeu de mots, soit dit en passant, faisait allusion aux points gagnés. Le problème, c’est que pour rendre le jeu plus télévisuel, on avait garni l’image de nacelles de remonte-pentes qui avançaient à la suite d’une bonne réponse.

J’ai pensé à l’époque que toute la créativité des concepteurs s’était concentrée sur les maudites nacelles au lieu de miser sur l’intérêt des questions et le côté pétillant de l’animateur. M. Drainville n’était pas à sa place dans ce jeu, qui n’a pas été renouvelé la saison suivante.

Autre gros flop, en 2003: celui de Marc-André Coallier à la barre de Tous contre un. Il aura fallu trois ans à Télé-Québec pour retenter sa chance dans le quiz. Et ce fut Le tournoi des mètres

Pas chanceuse, Télé-Québec, dans le royaume du quiz.

Un concept irréparable

La dernière tentative de notre télévision publique québécoise dans le domaine est récente. Il s’agissait de Bluff, une mixture de savoir et de poker. Avec deux animateurs: Marie-Christine Trottier et Antoine Bertrand. 

La mort de Bluff a été annoncée le 1er avril 2010. Après deux ans en ondes. Le directeur des programmes, Martin Roy, a fait une constatation étonnante: «Il y avait peut-être une lacune au niveau du suspense.»

C’est le «peut-être» qui m’a étonnée.

Dès la première de Bluff on a constaté que le côté poker ralentissait le jeu. Le croupier était raide comme s’il avait avalé un parapluie. 

Devant la baisse de l’auditoire la deuxième année, Télé-Québec s’est gratté la tête. Pourtant, a dit M. Roy, on avait fait des améliorations.

Mais le suspense était toujours déficient.

Certains concepts ne sont pas réparables. Il aura fallu deux ans à Télé-Québec pour s’en rendre compte.

Antoine Bertrand avait été engagé pour mettre de la légèreté dans l’émission. Il y allait de beaucoup de farces, certaines du niveau cégep, pour amuser le public. On peut en retrouver des exemples sur le Web. Les animateurs ont eu leurs fans. Ce qui n’a pas empêché les auditoires de dégringoler lors de la deuxième saison. 

Le dénominateur commun

On a vu Antoine Bertrand à son meilleur cette saison à la coanimation des Enfants de la télé, avec Véronique Cloutier. Le concept et la coanimatrice lui conviennent beaucoup mieux.

Reste à Mme Bazzo à trouver un bon concept et un animateur de talent. Cette championne de l’analyse peut disséquer ce qui fait le charme — et la longévité — de Jeopardy, Wheel of Fortune et Les détecteurs de mensonges. Trois jeux fort différents, qui ont tous un dénominateur commun: un animateur de qualité.