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«Le cerveau décrypté»: que se passe-t-il dans notre tête?
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«Le cerveau décrypté»: que se passe-t-il dans notre tête?

Samedi 1 fevrier 22 h, Explora

Marie-Hélène Goulet / TV Hebdo - 2014-01-22 16:17:40

Le cerveau humain ne pèse en moyenne que 1,3 kg; pourtant, c’est l’une des créations les plus complexes de l’univers. Les scientifiques en ont appris plus sur lui au cours des cinq dernières années que pendant les cinq millénaires qui les ont précédées. Voici quelques-unes de leurs découvertes. 


Le cerveau décrypté, un documentaire de deux heures, répond à certaines des questions qu’on se pose au sujet de «l’organe chef» du corps humain. D’où vient la peur? Pourquoi certains êtres humains arrivent-ils à commettre des crimes sordides sans se sentir coupables? Que contient notre mémoire?


Le cerveau des soldats

C’est au poste d’entraînement des Navy Seals, les soldats spéciaux de la marine américaine, que commence ce voyage au centre de notre tête. Les hommes triés sur le volet qui incorporent ce bataillon d’élite doivent avoir une tolérance extrême à la peur.

Afin de préparer les recrues, les soldats entraîneurs les soumettent quotidiennement à des épreuves qui paniqueraient le commun des mortels. Au cours du test de la piscine, chaque homme est harcelé par un moniteur qui, au fond de l’eau, arrache sans cesse son masque de plongée ou les tuyaux de sa bonbonne d’oxygène.

Durant ce calvaire de 20 minutes, les soldats se battent pour rester en vie tout en luttant contre leur instinct, qui n’a qu’un but: regagner la surface.

Soucieuse d’incorporer dans ses rangs le plus de recrues Seal possible, l’armée américaine prépare les jeunes à inhiber leur peur grâce à un système établi par ses propres scientifiques. Cette recette a fait passer le taux d’acceptation de 25 % des candidats en lice à 33 %. Elle est basée sur la fixation d’objectifs, la visualisation, l’autosuggestion et le contrôle de soi.


Naît-on psychopathe?

La peur n’est pas seulement un handicap qui empêche les troupes de prendre les bonnes décisions sur le terrain; elle est avant tout ce qui permet à l’être humain de survivre face au danger. La peur de se blesser côtoie dans notre tête celle de faire le mal autour de soi. La conscience empêche la majeure partie des gens de commettre des gestes répréhensibles.

Toutefois, les psychopathes ne ressentent pas cette peur. Leur cerveau est-il différent des autres? Oui, selon Kent Kiehl, qui les étudie à l’Université du Nouveau-Mexique. Ayant grandi dans la même rue que Ted Bundy, le meurtrier d’une trentaine de femmes, ce scientifique a toujours voulu savoir comment cet enfant charismatique s’est transformé en tueur.

Il a découvert des liens surprenants entre les psychopathes: «Ted Bundy présentait presque toutes les caractéristiques du psychopathe. Il était désinvolte et superficiel, et il avait beaucoup de charme.» Il avait aussi l’amygdale du cerveau atrophiée, comme tous les meurtriers de ce type. Ce trait physique l’empêchait d’avoir de l’empathie pour les autres.


Une mémoire de 30 secondes

La deuxième partie du docu­mentaire est consacrée à la mémoire. Notre faculté fascinante de conserver de l’information est logée à plusieurs endroits du cerveau. L’ancien chef d’orchestre Clive Wearing en est la preuve vivante. En 1985, une encéphalite a endommagé sérieusement une partie du cerveau de cet homme brillant.

Depuis, il lui est impossible d’emmagasiner de l’information récente. Bien que sa mémoire à court terme ne soit que de 30 secondes, il n’a pas oublié comment jouer merveilleusement bien du piano ou s’exprimer avec précision.

Les muscles aussi ont, semble-t-il, une mémoire. «En psychologie du sport, on dit qu’il faut 10 000 heures d’entraînement répété pour atteindre le niveau d’expertise voulu», affirme l’entraîneur du Cirque du Soleil Boris Verkhovsky, dont les acrobates répètent continuellement leur numéro afin qu’il devienne instinctif.

Les percées des cinq dernières années laissent croire aux scientifiques qu’il n’existe aucune limite à l’évolution du cerveau. Ils imaginent que des micropuces cérébrales pourraient pallier les pertes de mémoire ou permettre à notre organe d’atteindre son plein potentiel. L’évolution n’avait certainement pas prévu cela!