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Les grands moments de la télé: «La petite vie»
Les comédiens principaux de «La petite vie» © Archives TVA Publications

Les grands moments de la télé: «La petite vie»

Le record absolu des cotes d'écoute au Québec

Carl Rodrigue / TV Hebdo - 2014-03-06 16:05:16

Le 20 mars 1995, Réjean Pinard reçoit l’un de ses anciens camarades de classe accompagné de son épouse. Afin d’impressionner le couple, ses beaux-parents, Popa et Moman, ainsi que sa propre femme, Thérèse, sont mis à contribution. Ils ne sont pas les seuls à recevoir ce soir-là, puisque de l’autre côté de l’écran, quelque 4 098 000 Québécois reçoivent les Paré dans leur salon.



Diffusée entre le 16 octobre 1993 et le 30 novembre 1998 à Radio-Canada, La petite vie s’est vite taillé une place d’honneur au panthéon des séries télévisées québécoises, grâce à des cotes d’écoute moyennes de plus de trois millions de téléspectateurs et de nombreuses récompenses au Gala des prix Gémeaux, incluant celle du Prix du public, décernée en 2010 à «la série préférée des 25 dernières années».


Les personnages

Véritable théâtre filmé — tous les épisodes étaient tournés, rappelons-le, devant public —, La petite vie a montré le talent d’une pléiade de comédiens, dont Diane Lavallée (Thérèse Paré, qui rêve de réussir un pâté chinois), Marc Messier (Réjean Pinard, qui parle constamment de lui à la troisième personne), Marc Labrèche (Rénald Paré, qui se dit économe, alors que tout le monde le trouve cheap), Josée Deschênes (Lison Paré, accoutrée de ses multiples tailleurs monochromes), Bernard Fortin (Rodrigue Paré, le don Juan décadent), Guylaine Tremblay (Caro Paré, le mouton noir de la famille) ainsi que Rémy Girard (Pogo, un ami de la famille).

Durant les cinq saisons qu’a duré la série, bon nombre de personnalités sont allées y jouer leur propre rôle, de Guy Carbonneau à Céline Dion, en passant par Marina Orsini, Luc Senay et Richard Séguin, pour ne nommer que celles-là.


Un tandem sans pareil

Sans nier l’importance de tout ce beau monde, à la base de La petite vie, il y a sans conteste le tandem composé de Claude Meunier et Serge Thériault. Jadis Ding et Dong, Thériault et Meunier ont délaissé leurs vestons en peau de vache pour revêtir la jaquette... et la barbe.

Maintes fois célébré — il a notamment remporté huit Gémeaux, trois Félix et trois MetroStar —, Claude Meunier a marqué l’imaginaire collectif comme pas un avant lui, et ce, non seulement avec La petite vie, mais aussi avec d’autres œuvres auxquelles il a collaboré, dont Appelez-moi Stéphane, Les voisins et Broue, pièce de théâtre culte s’il en est.

À ses côtés, Serge Thériault, bien souvent vu comme le straight man, est lui aussi doté d’un talent remarquable. Ne pensons qu’à l’épisode Le frère jumeau, dans lequel il incarne un homme se faisant passer pour une femme, elle-même habituellement incarnée par un homme. Bien peu de comédiens peuvent se targuer de pouvoir accomplir une telle tâche avec autant de nuances.


Réjean reçoit

Lorsque Popa, son beau-père, augmente son loyer de trois dollars, Réjean se scandalise: «Trois piastres? Vous nous augmentez de trois piastres par mois? Hé! C’est une augmentation de 10 %, ça!» Et quand ce dernier annonce à sa femme, Thérèse, qu’il a l’occasion d’aller travailler dans le monde de la fourrure avec un de ses amis, celle-ci déclare aussitôt: «Vous allez pouvoir fourrer le monde ensemble!»

Des dialogues aussi surprenants que mémorables: tout le génie de Claude Meunier est là. Fort de ses 4 098 000 téléspectateurs, l’épisode Réjean reçoit a battu le record de Mlle Morin, un épisode diffusé six semaines auparavant et qui avait été le premier à franchir la barre des quatre millions de téléspectateurs au Québec.


La famille Paré au musée

Soulignons en terminant que, jusqu’au 7 septembre, le Musée québécois de culture populaire, à Trois-Rivières, rend hommage à La petite vie en présentant la première exposition sur la série.

Au programme: les 20 grands moments de l’histoire de la série culte, la genèse de l’émission, des extraits où la personnalité de chacun des membres de la famille Paré est mise en lumière ainsi que divers décors, dont le salon — dans lequel le visiteur peut s’asseoir sur le divan et regarder la télé des Paré —, la cuisine et sa décoration ultra-kitsch ainsi que la chambre avec son fameux lit vertical.

Bref, tout pour «redécouvrir l’univers de la famille Paré et comprendre l’impact de cette série sur la culture populaire des Québécois», comme le soulignent les organisateurs de l’exposition.