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«Les liens de sang»: Le maître du jeu (début)
Declan Gardiner (Kim Coates) est fidèle au parrain, dont il est le bras droit. © Radio-Canada

«Les liens de sang»: Le maître du jeu (début)

Samedi 11 novembre 21 h, Radio-Canada

Par Alexe-Sandra Daigneault/TV Hebdo - 2017-11-02 15:04:51

Pendant plus de 40 ans, la mafia italienne a régné sur tout le Québec grâce au tentaculaire clan Rizzuto. On redécouvre l’histoire de cette familia dans Les liens du sang, une minisérie ontarienne qui nous ramène dans un passé pas si lointain. 





Voilà à peine 10 ans, le monde interlope québécois a vécu une de ses plus grandes crises à la suite de l’arrestation de Vito Rizzuto, le parrain de la mafia montréalaise. Après plusieurs décennies de paix relative, la province a alors assisté à une série de règlements de comptes, de trahisons et de révélations dignes des meilleurs films policiers, ce qui explique pourquoi la chaîne CityTV a obtenu un tel succès en adaptant l’histoire des Rizzuto à la télévision.


Du côté des méchants

Légèrement romancée afin d’offrir une structure plus solide, la série Les liens du sang nous fait vivre la crise de l’intérieur: nous entrons dans l’univers de Vito et des siens. Le parrain, respecté par ses pairs et craint de ses ennemis, est au sommet de son pouvoir en 2006, 15 ans après avoir réussi à unir les motards, les gangs de rue et les divers clans de la métropole sous sa bannière. Grâce à ses contacts dans le monde de la justice, de la politique et des affaires, Vito maintient l’équilibre dans la ville avec une certaine sagesse, préférant souvent la négociation aux bains de sang de ses prédécesseurs.

Pour l’aider dans sa tâche, il compte notamment sur la loyauté de son bras droit, Declan Gardiner, un policier véreux — un personnage fictif — qui s’occupe des affaires les plus pressantes avec efficacité et discrétion. Lorsque deux motards tentent de s’en prendre au parrain dans sa propre maison, dans le premier épisode de la série, c’est Declan qui découvre le responsable de l’attaque, évitant un branle-bas de combat général avec un minimum de violence.


Le début de la fin

Le côté bon samaritain de Vito Rizzuto n’empêche pas les autorités de s’intéresser aux affaires de drogue, de prostitution, de blanchiment d’argent et de fraude des Rizzuto. Sachant qu’il est surveillé par la police, Vito décide de protéger son fils, sa femme, ses maîtresses et ses associés en amorçant la légalisation de ses opérations, à la grande surprise de ses proches.
C’est cependant trop peu trop tard, puisque, quelques jours après l’anniversaire de son fils, Vito est appréhendé pour un crime commis en 1981. Cette arrestation, suivie d’une condamnation à 10 ans de prison, sème aussitôt la panique chez ses associés: Jacques, le chef des motards, est peu satisfait des paroles rassurantes de Declan, alors que Nico met tout en œuvre afin de prendre la place laissée vacante par son père. Ce jeune homme impulsif, furieux que sa famille refuse de lui laisser les rênes du pouvoir, tentera de s’opposer à la régence de Declan, provoquant une réaction en chaîne aux conséquences désastreuses.


Marcher vers son destin

Pendant que le public découvre tous les détails de l’arrestation de Vito grâce à des journalistes tels que Simon Durivage et Geneviève Asselin, les Rizzuto s’activent à pallier l’absence du parrain. Toutefois, leurs efforts ne peuvent rien face à la tragédie qui est sur le point de se produire: entre les tentatives de meurtre ratées ou réussies, les guerres de gangs qui reprennent de plus belle ainsi que la chasse à la corruption lancée par la juge France Charbonneau, les Rizzuto perdront la maîtrise de la situation. Ils iront jusqu’à plonger la province dans le sang, abandonnant finalement Vito à la solitude et au deuil.

Le destin des Rizzuto est déjà connu, mais c’est avec beaucoup d’intérêt qu’on les voit se diriger vers l’inévitable. Grâce à des acteurs canadiens anglophones et francophones (dont la séduisante Maxim Roy), la série réussit à réconcilier deux solitudes autour d’un sujet qui a marqué tous les citoyens du pays, peu importe
leur langue.