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Les métiers de la télé: De vrais policiers à l'écran!
Dans «District 31» © Radio-Canada

Les métiers de la télé: De vrais policiers à l'écran!

Au coeur de l'action

Par Nathalie Slight/TV Hebdo - 2017-06-22 16:15:19

Avez-vous remarqué les figurants-policiers dans Victor Lessard, District 31 et Mémoires vives? Probablement pas, et c’est justement parce qu’ils font extrêmement bien leur travail. Pour augmenter la crédibilité des scènes d’action, les productions engagent de véritables policiers, qui tiennent leur propre rôle l’instant d’un tournage.




Tout a commencé en 1985, à Montréal, avec le tournage du film Hold-Up, mettant en vedette Jean-Paul Belmondo. «À l’époque, je travaillais pour la section technique de la police de Montréal, communément appelée le SWAT. Le producteur du film Hold-Up nous a appelés, car il désirait engager de vrais policiers pour une scène complexe. Les agents du SWAT devaient descendre du plafond, pour mettre fin à une prise d’otages à la suite d’un vol de banque qui avait mal tourné. De fil en aiguille, de vrais policiers ont participé à plusieurs scènes du film, pour jouer un rôle de tireur d’élite, procéder au contrôle de la foule, etc. À la suite de cette expérience, un confrère policier et moi-même avons fondé un service spécialisé pour les productions qui désirent engager de vrais policiers. Trente-deux ans plus tard, Police Action propose une banque de plus de 200 policiers, en plus de militaires, pompiers et ambulanciers, qui participent de façon ponctuelle à des productions destinées au petit et au grand écran», explique Richard Champagne, aujourd’hui à la retraite. «Ces dernières années, en plus de fournir des policiers par le biais de mon agence de casting, j’ai moi-même campé des policiers sur plusieurs plateaux. Ça m’a permis de côtoyer non seulement des comédiens québécois, mais également des acteurs américains de passage à Montréal, comme Bruce Willis, Wesley Snipes et Leonardo DiCaprio», souligne M. Champagne, qui agit aussi à titre de consultant-policier sur divers plateaux de tournage, notamment pour District 31.


Le physique de l’emploi

Les producteurs engagent de vrais policiers pour rendre les scènes d’action plus crédibles. «Bien sûr, ceux-ci ont la stature, l’attitude, la démarche, les techniques... bref, le physique de l’emploi. Ils peuvent camper aussi des gardes du corps, des employés des services secrets, des enquêteurs, etc. Mais l’avantage va bien au-delà de leur apparence. Le réalisateur n’a pas à se soucier des figurants-policiers: les gars et les filles savent, par exemple, maîtriser un suspect agité, le menotter et l’embarquer dans le véhicule de patrouille. Ce sont des gestes qu’ils ont répétés à maintes et maintes reprises dans le cadre de leur travail. Le résultat est collé sur la vraie vie!»

De façon à ce que la fiction se rapproche le plus possible de la réalité, Richard Champagne propose un éventail varié de policiers aux maisons de production et aux agences de casting qui retiennent ses services. «Je suggère un mélange d’hommes et de femmes, de différents âges et de différentes ethnies. S’il s’agit d’un film américain dont l’action se déroule à New York ou à Boston, je vais m’assurer qu’il y ait des patrouilleurs au look latino-américain et afro-américain, pour bien représenter la réalité policière de ces grandes villes», conclut Richard Champagne.


Simon Leblanc: policier à la SQ et figurant dans diverses productions

Simon Leblanc est policier à la Sûreté du Québec depuis 20 ans. Membre de l’agence de casting Police Action, il prend part à des tournages durant ses journées de congé. «J’ai campé des policiers de la SQ, du SPVM et du SWAT dans les séries télévisées District 31, Victor Lessard et The Disappearance, dans le film De père en flic 2, ainsi que dans la reconstitution Opération police. Les actions qui m’étaient demandées étaient pour moi assez simples, puisque c’est ce que je fais depuis des années dans le cadre de mon travail: approche d’un véhicule, arrestation, menottage, maniement d’arme, conduite d’un véhicule d’urgence, etc. Lorsqu’on arrive sur le plateau, l’assistant-réalisateur nous donne la consigne de ne pas approcher les comédiens, puisqu’ils doivent se concentrer sur leur personnage. Mais la plupart du temps, ce sont eux qui viennent spontanément nous parler, surtout ceux qui campent des policiers: ils nous posent des questions sur l’action et des questions plus personnelles, de façon à nourrir l’interprétation de leur personnage.

Chaque expérience sur un plateau est intéressante et valorisante. Sur celui de District 31, par exemple, le réalisateur Jean-Claude Lord est venu valider avec moi comment effectuer l’approche d’un suspect, et il a mis en application mes conseils», explique le policier. Jusqu’à présent, ce dernier a campé des personnages muets. «J’aimerais éventuellement décrocher un rôle de policier parlant. Comme j’ai pris de l’expérience de plateau, je me sens prêt à avoir du texte, à donner la réplique aux comédiens», confie Simon Leblanc.