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«Miss Landmine»: un concours de beauté pas comme les autres
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«Miss Landmine»: un concours de beauté pas comme les autres

Lundi 6 août midi, Mlle

Malik Cocherel / TV Hebdo - 2012-08-01 12:19:06

C’est en 2003, au cours d’un voyage en Angola, un des pays les plus affectés par les mines antipersonnel, que l’idée a germé dans l’esprit de Morten Traavik.

Cinq ans après, l’artiste d’origine norvégienne organisait, toujours en Angola, un premier concours de beauté auquel participaient de jeunes femmes mutilées par des mines.



Nouvelle édition

Le succès de son initiative — qui a reçu le soutien des autorités locales et européennes — l’a incité à reproduire l’expérience en 2009 au Cambodge, autre pays gravement touché par le problème des mines antipersonnel.

Malheureusement pour lui, le concours a déclenché l’hostilité du gouvernement cambodgien. Dans ce pays bouddhiste plutôt conservateur, un concours de miss plus «traditionnel» avait déjà été annulé par les autorités, en 2006, au motif qu’il était «anti-cambodgien». Autant dire que Morten Traavik avait, dès le départ, peu de chances de voir son projet aboutir.


Un artiste persévérant

Malgré tout, ce dernier ne s’est pas démonté. C’est d’ailleurs son combat qu’on peut suivre dans ce documentaire très instructif et émouvant. On y voit Morten Traavik parcourir le pays pour photographier des femmes estropiées dans des décors de carte postale.


Des beautés naturelles

Si la plupart d’entre elles n’ont jamais posé devant un objectif, elles dégagent une beauté et une force de caractère incroyables.

Il y a Miss Phnom Penh, Song Kosal, 24 ans, qui se trouvait dans une rizière avec sa mère, à cinq ans, quand elle a marché sur une mine. Il y a aussi So Yeu, blessée à 25 ans en allant couper du bois, car elle ignorait qu’il y avait des mines dans la forêt. Sans oublier Dos Sopheap, 18 ans, qui a marché sur une mine à six ans, en essayant de fuir les Khmers Rouges.


Tout sauf un freak show

Devant les réticences et les menaces des autorités locales, Morten Traavik a dû se résoudre à quitter le pays, pour organiser l’élection de sa miss en Norvège. Accusé de sexisme et d’exploitation, il s’est défendu en expliquant qu’il voulait «faire quelque chose de bien» pour l’humanité.

«Ce concours ne va pas faire disparaître les mines, mais il pourrait changer les mentalités», dit-il dans le documentaire, faisant référence aux discriminations nombreuses dont ces femmes souffrent dans leur pays.

«Il célèbre la vraie beauté et remplace le terme négatif de victime par celui, plus positif, de survivante.» Il suffit d’ailleurs d’écouter le témoignage de la grande gagnante du concours, Dos Sopheap, pour s’en convaincre.


Des effets bénéfiques pour les concurrentes

«Avant, personne ne voulait traîner avec moi. Depuis que j’ai gagné, j’ai beaucoup plus d’amis», confie tout simplement notre Miss Landmine, à qui Morten Traavik est allé remettre son prix (une prothèse dernier cri), après avoir franchi clandestinement la frontière cambodgienne. La preuve, s’il en fallait, que ce projet artistique et humanitaire n’a rien du freak show dénoncé par certains...