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Nouveaux visages | Cynthia Trudel
Cynthia Trudel | Photo : Annie Éthier

Nouveaux visages | Cynthia Trudel

«C’était mon rêve de petite fille de jouer dans un téléroman!»

Par Annie Hogue/TV hebdo - 2019-05-03 21:15:41

On a découvert Cynthia Trudel grâce à son rôle de Naëlle dans la série Une autre histoire. Cette comédienne passionnée, qui joue depuis qu’elle est toute petite, nous parle de son parcours, de ses personnages et de ses projets.

 

Cynthia, comment es-tu devenue comédienne?

Je joue depuis l’âge de sept ans. J’ai grandi devant la télé et, enfant, j’étais déjà persuadée que je deviendrais comédienne. À trois ans, je faisais de la danse, et j’étais curieuse de spectacles. J’étais une petite fille très artiste et convaincue que c’était la route à suivre pour moi. Mes parents travaillaient beaucoup; j’avais un imaginaire très fertile, ce qui m’aidait à passer le temps. C’est toutefois à 16 ans, au collège Jean-de-Brébeuf, que j’ai vraiment entendu l’appel. J’ai joué dans ma première pièce — Littoral, de Wajdi Mouawad — avec une vraie troupe; tous les comédiens avaient dû passer des auditions. Cette expérience m’a marquée. 

D’où t’est venue l’envie de pratiquer ce métier? Connaissais-tu des gens dans le domaine artistique?

Non; je suis la seule de ma gang. Ma famille a d’ailleurs été sous le choc quand j’ai annoncé que je voulais devenir actrice. J’avais compris que j’avais ce qu’il fallait pour pratiquer ce métier et j’ai pris tous les moyens  nécessaires pour y arriver. De 7 à 16 ans, j’ai monté des trucs, j’ai participé à des shows à l’école et j’ai fait de l’impro. C’est ce qui m’a donné la confiance et la conviction nécessaires pour continuer. À 12 ans, j’ai vu Le menteur, avec David Savard, au Théâtre Denise-Pelletier. Cette pièce pleine de grandeur a eu une influence sur moi. J’allais dans une école dirigée par des religieuses, je m’y ennuyais et j’avais besoin de motivation. J’ai appris par cœur le monologue du Menteur. La pièce parlait un peu de sexualité, ce qui m’accrochait. J’ai présenté le monologue au Talent Show de Noël, et c’est là que tout s’est passé pour moi. 

As-tu poursuivi tes études en théâtre?

Je suis allée au Conservatoire d’art dramatique de Québec et j’ai obtenu mon diplôme en 2010. J’ai profité du fait que j’étudiais dans la Vieille Capitale pour quitter la maison familiale, à Montréal, et plonger dans un nouvel univers, avec une nouvelle gang. J’ai passé trois ou quatre ans à Québec. Après être sortie de l’école, j’ai joué dans une pièce au Trident, puis je suis partie en tournée au Québec et en France avec un spectacle jeunesse. C’était du théâtre formateur, assez effervescent. Par la suite, j’ai eu envie de rentrer à Montréal et d’écrire un spectacle. Je me consacre à l’écriture parallèlement à mon travail d’interprète. Pendant longtemps, j’ai passé des auditions pour de petits rôles; on a pu me voir, entre autres, dans la série Web Les béliers et dans Unité 9. J’ai aussi joué dans des publicités, ce qui m’a permis de rencontrer un réalisateur et une agente, et de relancer ma carrière. J’ai alors envisagé de revenir à ce que je voulais vraiment faire. J’ai écrit un deuxième spectacle, Métro Flirt, que j’ai joué au Zoofest. J’avais invité l’autrice Marie-Lise Chouinard à la première. Elle a aimé ce qu’elle a vu sur scène et m’a invitée à auditionner pour Les Sapiens. J’ai décroché le rôle de Pierrette!

Travailles-tu à d’autres productions?

En ce moment, je participe au tournage de la deuxième saison des Sapiens et d’Une autre histoire. Je reviens aussi à mon amour pour l’impro et à l’écriture. Par ailleurs, j’ai découvert l’humour sur le tard; c’est un univers qui me plaît. C’est agréable de voyager entre l’univers dramatique et celui de la comédie. 

Quelle a été ta première expérience professionnelle à ta sortie du Conservatoire?

J’ai joué Mathurine dans Dom Juan, au Trident. Dans mon dernier spectacle au Conservatoire, Les sorcières de Salem, j’incarnais Tituba, l’esclave noire. À l’automne, on m’avait dit que je devrais chanter. J’avais choisi un poème de Moi, Tituba, sorcière..., de Maryse Condé, puis le professeur de musique et moi, nous avions composé une pièce. Le poème devait être dit en créole, mais je ne parle pas cette langue. J’ai appelé un organisme à Montréal pour le faire traduire. J’ai travaillé fort, et ç’a été un de mes plus beaux moments sur scène. C’est après m’avoir vue jouer que le réalisateur m’a proposé d’incarner Mathurine. 

Parlons de Naëlle, ton personnage dans Une autre histoire... 

C’était mon rêve de petite fille de jouer dans un téléroman! Naëlle est une jeune mère émotive et sensible. Jouer le quotidien, c’est ce que je préfère. J’essaie de rapprocher mes personnages de moi.

Connaissais-tu Mikhaïl Ahooja, ton partenaire de jeu, avant le début du tournage?

Pas vraiment. Je l’ai rencontré à la dernière audition, car il avait déjà obtenu le rôle de Simon. Je sentais que c’était comme une date: je me disais qu’on lui demanderait peut-être de choisir parmi les comédiennes pressenties pour incarner Naëlle. 

Comment le tournage se passe-t-il?

Ça se passe bien. C’est mon premier rôle de cette importance, et je n’avais jamais joué avec de jeunes enfants. Il y a des journées plus difficiles que d’autres, mais en général, c’est très agréable.

Qu’arrivera-t-il à Naëlle, l’automne prochain?

Son grand défi est de trouver sa place auprès de son chum et dans sa famille. Leur couple n’est pas super solide, et l’alzheimer, qui touche leurs proches, rend la situation encore plus difficile. 

Y a-t-il des rôles qui te font envie?

J’aimerais camper une femme en colère, une femme affirmée et assumée qui prendrait la parole pour dénoncer certaines choses. Une avocate, peut-être? J’ai aussi envie de jouer quelque chose de sombre, allant même jusqu’à l’horreur. Je souhaiterais aussi tenir un rôle physique, comme celui d’une athlète, ou participer à une comédie musicale. Toutefois, le plus important, pour moi, reste d’avoir du plaisir à faire ce que je fais.