Télévision / Reportages

Partager
Nouveaux visages | Frédéric Millaire Zouvi
Frédéric Millaire Zouvi | Photo : Andréanne Gauthier

Nouveaux visages | Frédéric Millaire Zouvi

«L’important, c’est que mes personnages soient les plus vrais possible»

Par Annie Hogue/TV hebdo - 2019-07-04 22:22:51

On a pu voir Frédéric Millaire Zouvi dans Les jeunes loups, Au secours de Béatrice et, plus récemment, dans 5e rang. Même si l’acteur a grandi au sein d’une famille d’artistes — son père est le comédien Alain Zouvi —, il n’a pas toujours voulu faire ce métier.

 

Frédéric, à quel moment as-tu su que tu voulais devenir comédien?

Très jeune, j’ai voulu faire ça! C’est-à-dire que, comme n’importe quel enfant qui regarde ses parents et les voit tripper dans ce qu’ils font, j’ai eu envie de pratiquer le même métier. Par contre, au début de l’adolescence, j’ai voulu aller complètement ailleurs. Je me suis inscrit au cégep en sciences pures et j’ai mis un X sur la carrière d’acteur. Je voulais faire d’autres trucs... Je continuais cependant à faire du parascolaire: théâtre, jeu, impro. Ça me gardait actif et j’aimais ça. Vers la fin du cégep, j’ai compris que je n’avais pas autant de plaisir en sciences que je l’aurais voulu. Au cours de ma dernière année, j’ai préparé mes auditions de théâtre et j’ai été accepté au Conservatoire d’art dramatique de Montréal. 

Pendant la période où tu avais décidé de prendre un autre chemin, qu’est-ce que tu te voyais faire?

J’aime l’astronomie, l’espace, les planètes et les questions philosophiques liées au temps. Ce sont des choses qui me passionnent encore aujourd’hui. Mais au cégep, les cours de sciences étaient tellement abstraits que je ne voyais pas où je pourrais me diriger. Les cours de philosophie et d’histoire me faisaient réfléchir plus. 

Quelle a été l’influence de ta famille sur ta carrière?

C’est drôle, je parlais récemment avec un gars avec qui je joue au hockey. Il travaille dans le milieu de la construction et il fait ses heures pour obtenir ses cartes de compétence dans la compagnie de son père. Il disait que parfois, c’est énervant de travailler et de faire le même métier que ses parents, mais que c’est bien aussi. C’est exactement l’impression que j’ai! Ça ne me tentait pas de faire la même chose, mais c’est ce que je voulais vraiment faire. Très jeune, j’ai commencé à aller voir des spectacles, je crois même que ma première nuit hors de l’hôpital, après à ma naissance, je l’ai passée en coulisses. Mon père jouait à Québec et ma mère est allée le rejoindre en sortant de l’hôpital. 

Quel a été ton premier contrat professionnel?

Je l’ai eu à l’âge de 10 ans, en faisant du doublage. J’en fais maintenant depuis 23 ans. C’est là que j’ai appris ce qu’était le métier, la discipline, la technique, le jeu. 

Est-ce que tu te souviens de ton premier projet?

Le premier contrat était certainement un petit rôle, mais peu après, j’ai fait le doublage dans un gros film, Le sixième sens. J’étais la voix du petit garçon, le rôle joué par Haley Joel Osment. 

En tant que diplômé, à quel projet as-tu travaillé au début?

Je suis sorti du Conservatoire en 2009 et j’ai joué dans Oscar pendant l’été au Théâtre du Vieux-Terrebonne. Je jouais entre autres aux côtés de Gabriel Sabourin et de Benoît Brière. Nous avons donné plus de 100 représentations de cette pièce. C’était une expérience folle, et jouer la comédie aux côtés de Benoît Brière, c’est comme être à l’école, c’est très formateur. 

As-tu une préférence pour le drame ou pour la comédie?

Non, puisque ce n’est pas moi qui ai le contrôle. S’il y a une chose que j’ai apprise en voyant jouer ma grand-mère Amulette Garneau, c’est qu’on peut faire rire et, la phrase d’après, aller chercher les larmes. J’admirais ça chez elle! Le drame ou la comédie vient du contexte. C’est imposé par le réalisateur ou le metteur en scène. L’important avec mes personnages, c’est qu’ils soient les plus vrais possible. 

Quel a été ton premier rôle à la télé?

Ç'a été celui de Kevin dans Les jeunes loups. J’ai adoré cette série! C’était la première fois qu’on me demandait de me transformer pour un rôle. Je me suis beaucoup entraîné et j’ai pris 15 livres. J’allais au gym aux deux jours et j’ai changé mon alimentation. Mon personnage était le quart-arrière d’une équipe de football. J’avais déjà joué au football, mais j’ai quand même eu un coach pour me montrer les signes d’un quart-arrière, comment lancer le ballon, etc. Ce sont les joueurs des Carabins qui faisaient les figurants dans la série, je devais être à la hauteur. J’avais une doublure, mais je suis fier de dire qu’on n’en a pas eu besoin! (rires

On peut te voir depuis l’hiver dernier dans 5e rang. Parle-moi du personnage de Jean-Michel…

C’est un gars un peu nono, qui ne sait pas où il s’en va dans la vie. La première fois que j’ai lu le texte, même moi j’ai eu de la difficulté à ne pas le juger… J’ai voulu en faire quelqu’un d’attachant, ne pas tomber dans les clichés et rester dans la vérité. Ça revient à ce que je disais plus tôt au sujet du drame et de la comédie. S’il est fâché, pour lui c’est un vrai drame! S’il a l’air con, il ne le sait pas… 5e rang, c’est une très belle série, et Luc Senay, avec qui j’ai plusieurs scènes, est un acteur formidable!

Qu’arrivera-t-il à Jean-Michel au retour de la série, à l’automne?

Il va aller plus loin dans sa recherche d’identité et, ce faisant, il va prendre les mauvaises décisions… Il cherche toujours à reconquérir son ex, mais au fond, Jean-Michel, c’est un solitaire. 

As-tu d’autres projets?

Je vais jouer au théâtre en mars 2020, dans une création de Mathieu Quesnel. J’ai aussi joué dans le film Gut Instinct de Daniel Roby qui a été tourné ici, aux États-Unis et en partie en Thaïlande. Ça devrait sortir dans les prochains mois… 

Et il y a toujours le doublage!

Est-ce qu’il y a des acteurs connus dont tu fais les voix?

Oui: Tom Hiddleston, qui incarne Loki dans les films de Marvel, et Donnie Yen, que j’ai doublé dans Rogue One: Une histoire de Star Wars.