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Nouveaux visages: Geneviève Schmidt
Dans le rôle de Jessica dans «Unité 9» © Véro Boncompagni

Nouveaux visages: Geneviève Schmidt

Un nom à retenir

Annie Hogue / TV Hebdo - 2013-12-11 13:19:04

Geneviève Schmidt baigne dans le milieu des arts et de la culture depuis qu’elle est toute petite. Elle croyait qu’elle travaillerait derrière la caméra, jusqu’au jour où elle a accompagné un ami aux auditions de l’École nationale de théâtre. Celle qu’on connaît comme la mystérieuse Jessica d’Unité 9 joue aussi bien dans des séries dramatiques que dans des comédies.



Geneviève, comment es-tu devenue comédienne?

Mes parents sont producteurs dans le milieu du théâtre. Ils s’occupaient du Théâtre des Cascades. J’ai grandi dans cet univers. Je faisais de la régie de plateau à l’âge de 10 ans! J’ai baigné dans cet univers comique toute mon enfance, et mes parents avaient des amis comédiens.

Chez nous, le théâtre a toujours été très important, et mes parents nous y emmenaient deux fois par semaine. Plus jeune, par contre, je ne voulais pas devenir comédienne: j’avais envie de faire de la production et de la mise en scène.

C’est au secondaire, en suivant des cours parascolaires, que j’ai découvert le jeu et que je me suis mise à aimer ça. Je suis entrée à au cégep de Sainte-Thérèse, où j’ai étudié pendant deux ans avant d’être mise à la porte, comme bien d’autres étudiants. J’ai alors décidé d’arrêter de jouer, même si j’étais encore très jeune. J’ai donc fait de la régie et je suis partie en tournée avec René Richard Cyr.

J’ai travaillé avec Serge Boucher, et je regardais jouer Guylaine Tremblay... Les choses ont changé en 2004, le jour où j’ai accompagné un ami qui passait les auditions de l’École nationale de théâtre. J’étais là pour lui donner la réplique, mais on m’a suggéré de m’inscrire aussi. J’ai pris le risque. J’y suis restée pendant quatre ans.


Quelles ont été tes premières expériences en tant que comédienne?

J’ai obtenu mon diplôme de l’École nationale de théâtre en 2008. J’ai ensuite fait du théâtre et des apparitions épisodiques dans quelques séries télé. Unité 9 est la première émission dans laquelle j’ai un rôle en continu.

Au théâtre, ma première pièce a été L’effet des rayons gamma sur les vieux garçons, dans une mise en scène de René Richard Cyr, au Théâtre du Rideau Vert. J’interprétais une jeune fille de 12 ans qui faisait un exposé oral mignon comme tout. Elle arrivait vers la fin de la pièce.

Ensuite, il y a eu Porc-épic, des Productions Petit à Petit. Antoine Bertrand et moi incarnions des espèces de Ken et Barbie. Depuis, j’ai joué au Rideau Vert presque tous les ans, sauf en 2013.


À la télé, quel a été ton premier rôle?

J’ai campé une escorte dans Les Boys, de Louis Saïa. C’était un rôle comique. Ensuite, j’ai joué dans Tout sur moi, Toute la vérité, 30 vies et Trauma; et, cette année, dans Et si?.


Pourrons-nous te voir bientôt dans une autre émission?

Oui. Je participe à un épisode de Ces gars-là, de Sugar Sammy et Simon-Olivier Fecteau, qui sera diffusé en janvier. J’incarne l’infirmière de la grand-mère de Simon-Olivier. On me verra aussi dans un épisode des Beaux malaises, de Martin Matte.

Je campe la professeure de la fille de Martin. Enfin, je joue également dans le film Il était une fois les Boys, qui sort en décembre. On y retrouve les Boys à l’âge de 13 ans. Mon personnage est la secrétaire de leur école.


Tu passes fréquemment de la comédie au drame. Que préfères-tu?

Les deux! J’aime le jeu comique; je cherche toujours à faire rire les gens, à avoir le sens du timing. Le drame, c’est autre chose. J’adore mon personnage d’Unité 9, qui est à la fois énigmatique et dépassé par les événements.

Pour l’incarner, je dois aller dans des zones que j’explore moins souvent, et c’est un grand plaisir. Je suis vidée et fatiguée quand je ressors du troisième sous-sol de Radio-Canada, mais je suis capable d’y laisser la tristesse de Jessica et d’arriver chez moi de bonne humeur.


Te reconnaît-on dans la rue depuis que tu incarnes ce personnage?

Oui. Je me rends compte que deux millions de personnes regardent Unité 9!


Est-ce que ça te surprend de voir que les gens te reconnaissent?

Ça s’est fait graduellement. Lorsque j’ai participé à Et si?, une émission que j’aimais beaucoup et qui me permettait de jouer dans la même journée une ado, une vendeuse d’aspirateurs et la femme de Louis Morissette, on a commencé à me reconnaître. J’avais l’impression d’avoir mis l’orteil dans quelque chose, mais avec Unité 9, j’ai les deux pieds dedans. Au moins, les gens ne m’ont pas encore lancé de pierres! (rires)


Le fait de jouer dans Unité 9 représente-t-il un défi pour toi ou te donne-t-il le vertige?

Je suis une fille de défis et je me dis que, si on m’a donné ce rôle, c’est parce qu’on croit en moi. Pourtant, la première fois que je suis entrée dans les décors de l’unité, avec les chambres, j’ai eu un petit vertige. Je regardais la série avant de jouer dedans. Je savais donc dans quoi je m’embarquais. C’est devenu concret pour moi la première fois que j’ai entendu le mot «Coupez!» à la fin de la scène.


Comment perçois-tu Jessica?

Dans sa première scène, elle arrive à Lietteville et a envie d’uriner. On sent tout de suite que les IPL ne l’aiment pas, et c’est à cause du crime qu’elle a commis. J’ai abordé le personnage comme une femme à demi morte. Il y a quelque chose de particulier dans son regard. Elle n’est pas d’accord avec la sentence qu’elle a reçue. En voyant ses poignets, on comprend qu’elle a fait une tentative de suicide.

Était-ce un appel à l’aide ou voulait-elle mourir? Par mon jeu, j’ai également voulu évoquer la lenteur, car la notion de temps est vécue différemment en prison. La présence des autres détenues de l’unité, qu’elles soient gentilles ou non, l’aidera à sortir de sa coquille.

C’est une femme mystérieuse, mais les téléspectateurs apprendront son histoire. Quand les gens me demandent pourquoi elle ne parle pas, je leur réponds de lui laisser le temps, que ça viendra. Je crois qu’elle fera beaucoup parler d’elle!