Télévision / Reportages

Partager
O5: 5 continents à la nage | Changer le monde, un rêve à la fois
Normand Piché | Photo : Anne-Claude Roberge / Explora

O5: 5 continents à la nage | Changer le monde, un rêve à la fois

Lundi 13 mai à 22 h, Explora

Par Alexe-Sandra Daigneault/TV hebdo - 2019-05-02 23:27:21

En 2014, Normand Piché a la folle idée de relier cinq continents à la nage afin de prouver que les rêves peuvent devenir réalité. Pour y arriver, il doit relever bien des défis physiques, logistiques et psychologiques, qu’on découvre dans le documentaire O5: 5 continents à la nage.

 

Normand Piché vient de vivre une séparation difficile lorsqu’il assiste aux Jeux olympiques de Sotchi, où les athlètes inspirants lui donnent envie de se réinventer. C’est à ce moment que ce nageur amateur décide de réaliser un tour du monde symbolique de 80 jours, en effectuant cinq traversées à la nage: entre la Russie et l’Alaska, l’Espagne et le Maroc, la Turquie et la Grèce, l’Égypte et la Jordanie, et la Papouasie et l’Indonésie. On découvre son périple dans O5: 5 continents à la nage, un documentaire d’Éric Blouin qui expose les nombreux défis que l’aventurier a dû surmonter pour réaliser son rêve. 

Un travail d’équipe

Évidemment, Normand sait qu’il faut être bien entouré pour relever ce genre de défi. Au cours des deux années qu’il consacre à son entraînement et à la préparation de son voyage, il s’entoure de spécialistes tels que l’adjoint logistique Mathieu Drugeon, l’entraîneuse Anastasia Polito, le kayakiste-ostéopathe Sylvain Lavoie et la photographe-vidéaste Annie-Claude Roberge. Par ailleurs, il invite les internautes à lui confier leurs rêves les plus chers, pour les placer dans une bouée qui le suivra dans toutes ses traversées. 

Grâce à la confiance de ses supporteurs, Normand est gonflé à bloc lorsqu’il quitte Montréal pour l’Alaska, le 24 août 2016. Malheureusement, les choses ne se déroulent pas comme prévu; le guide local a laissé tomber l’équipe, qui met une semaine à obtenir les autorisations promises. Ce travail acharné permet toutefois à Normand d’effectuer sa traversée de 6,5 km entre les îles de la Petite Diomède et de la Grande Diomède, ce qui lui demande de prendre garde au froid glacial et aux phoques pendant 2 h 8. 

Des hauts et des bas

Ce premier succès remplit l’équipe de joie, mais les problèmes ne font que commencer. À Jayapura, en Papouasie, Normand doit supporter une chaleur accablante ainsi que les nombreuses piqûres de méduses pendant sa traversée de 12,6 km jusqu’en Indonésie, qu’il fait en 3 h 49. Il se rend ensuite à Taba, en Égypte, où la situation politique est si tendue qu’il n’a d’autre choix que de reporter son projet. Normand part alors pour la Grèce, où il est profondément bouleversé par la crise des réfugiés syriens.

Grâce à la traversée de 14,6 km, qu’il effectue en 4 h 45 dans le «couloir des migrants» unissant la Grèce à la Turquie, Normand arrive tout de même à faire la paix avec cette tragédie. La force qu’il tire de cette expérience lui est nécessaire lorsqu’il arrive à Tarifa, en Espagne, où il reste coincé pendant près d’un mois. Incapable d’obtenir les autorisations pour traverser le détroit de Gibraltar, Normand réussit finalement à s’allier à un nageur indien afin d’effectuer la traversée de 15,5 km, en 3 h 56. Disons que la frustration des dernières semaines est complètement effacée par cette preuve de solidarité internationale, qui représente bien l’aventure personnelle, écologique et humanitaire de Normand. 

Du suspense jusqu’à la fin

Normand et son équipe sont sur la route depuis 72 jours lorsqu’ils retournent en Égypte pour réussir leur défi. Invités par un promoteur local, ils sont traités comme de véritables vedettes... mais les conditions de la traversée sont loin d’être favorables. La mer Rouge est agitée, et les membres de l’équipe doivent suivre Normand à bord d’un traversier rempli de dignitaires, ce qui réduit énormément leur mobilité. Pratiquement seul, Normand affronte alors des courants si forts qu’il met près de huit heures à effectuer son trajet de 18,5 km. 

Malgré la douleur et le décou­ragement, Normand réussit à puiser dans sa force mentale afin de se rendre jusqu’au bout. De retour à la maison, il souhaite maintenant faire connaître les fruits de son expérience dans ses conférences et son premier livre. Il espère aussi que son parcours entraînera d’autres rêveurs à changer le monde.