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Rencontre avec Angèle Coutu
Avec David Boutin et Marianne Farley dans «Le Gentleman». © TVA

Rencontre avec Angèle Coutu

«Il faut que je travaille»

Par Agence QMI - 2017-11-02 15:16:51

Angèle Coutu se cherche du boulot. Sœur Marie-Gisèle Castonguay, son personnage dans Unité 9, vient de mourir.




Avec le décès de sœur Marie-Gisèle Castonguay dans la série Unité 9, le 17 octobre, Angèle Coutu se retrouve sans travail à la télévision. «Je me demande si je ne devrais pas parader dans la rue déguisée en femme-sandwich pour réclamer du boulot», a lancé la comédienne.

Sur le panneau, elle écrirait les mots suivants: «Comédienne qui a énormément d’énergie voudrait jouer des rôles complets, profonds et engagés, où elle aimerait se dépasser.»

Trois jours après son anniversaire de naissance, en février, Angèle Coutu apprenait que, à la suite d’une décision de l’auteure Danielle Trottier, son personnage allait mourir. Elle a joué ses dernières scènes le 9 juin. «Ç’a été un choc. Ça m’a fait l’effet d’un gros coup de batte de baseball derrière la nuque», a-t-elle laissé tomber lors d’un entretien. En septembre, elle remportait le Gémeaux du meilleur rôle de soutien dans une dramatique annuelle, soit Unité 9.

La comédienne de 71 ans explique qu’elle a encore besoin de travailler pour gagner sa vie. «Je n’ai pas de plan B. Je dois aller me chercher un petit salaire. Je n’ai pas de compagnon. Comme beaucoup de gens à notre époque, il faut que je travaille. Je suis à la veille de mettre des annonces et de faire l’homme-sandwich», a-t-elle indiqué, avec humour.


À la morgue

La comédienne raconte que sept personnages qu’elle a interprétés au cours des dernières années ont connu la mort. «Je suis en train de me demander, ironiquement, si la prochaine fois qu’on va m’engager, ça va être pour faire un cadavre à la morgue, avec une étiquette attachée à l’orteil. C’est peut-être ça, mon prochain rôle», a-t-elle mentionné, indiquant que le métier de comédien était difficile. «Il vaut mieux en rire et être reconnaissant de ce qu’on a eu», a-t-elle pris soin d’ajouter.

L’actrice, qui a fait ses débuts à la télé en 1966 dans le téléroman Rue des Pignons, dit avoir toute l’énergie et le temps nécessaires pour se lancer dans un rôle complexe, profond et consistant. «C’est difficile, pour nous, les comédiens âgés — et surtout pour les femmes —, de convaincre les auteurs qu’on a une énergie de bœuf, dit l’actrice. On a assez d’endurance et de concentration pour travailler dans le studio de 10 à 12 heures par jour.»


Des rôles marquants

Angèle Coutu explique qu’elle n’est plus dans une dynamique de course folle de chef de famille, avec trois gardiennes, les week-ends et les vacances à organiser, les enregistrements télé le matin et les textes de théâtre à apprendre après minuit. «On a du temps, et on veut jouer et se dépasser. De quoi ont-ils peur, Dieu du ciel? Qu’on s’écroule sur le terrazzo?» a-t-elle ajouté, disant qu’elle priait afin de pouvoir obtenir à nouveau un rôle à la télé.

Au cours de sa carrière, Angèle Coutu s’est glissée dans la peau d’une centaine de personnages au petit écran, au cinéma et au théâtre. À la télé, on la reconnaît encore pour ses rôles marquants dans Jamais deux sans toi, L’or du temps, Virginie, Le retour et Le Négociateur.


Morte sept fois!

Au cours de sa carrière, Angèle Coutu a campé sept personnages qui sont morts à l’écran:

Francine Duval, Les héritiers Duval
Madeleine Beaulieu-Landry, Le retour
Mémé, Borderline (long métrage)
Véronique Leviel, Le Gentleman
Denise Paquin, Trauma
Simone Desbiens, Toute la vérité
Marie-Gisèle Castonguay, Unité 9