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Secrets de plateau: «Complexe G»
Sonia Vachon, Édith Cochrane, Anne Casabonne et Pascale Bussières. © Alexandre Deslauriers

Secrets de plateau: «Complexe G»

Bureau en folie

Nathalie Slight / TV Hebdo - 2014-07-17 10:56:52

Prenez un immeuble de bureaux de Québec, ajoutez six comédiennes de talent, donnez à celles-ci des textes sexys, mordants et politically incorrect, et vous obtenez une comédie complètement déjantée. Bienvenue dans l’univers de la nouvelle série Complexe G! 

 


Complexe G
est une adaptation de la série française Workingirls, elle-même adaptatée de l’émission néerlandaise Toren C. «Dans la version originale, créée en 2008, tous les personnages sont campés par deux comédiennes, qui l’ont également écrite», souligne l’auteur Daniel Gagnon, qui a notamment travaillé aux séries Caméra café et Les Parent ainsi qu’à deux Bye Bye, après avoir étudié à l’École nationale de l’humour, volet auteur.

«Même s’il s’agissait d’une bonne idée, nous avons opté pour la façon de faire des Français: une comédienne différente joue chaque rôle. Cela dit, j’ai accès au matériel français et néerlandais. Certains sketchs originaux, que les Français n’ont pas retenus, fonctionneront à merveille ici.

Les cultures du rire québécoise et néerlandaise sont assez semblables. Si la série revient pour une deuxième saison — et grâce à notre distribution d’enfer, nous sommes assez confiants —, il y aura assurément des sketchs purement québécois.»


Sexy, décadent et made in Québec

La maison de production QuébeComm, à qui l’on doit également le succès international LOL:-), décrit Complexe G comme une succession de sketchs audacieux, décadents et irrévérencieux. Pascale Bussières, qui incarne la nymphomane du bureau, décrit l’univers déjanté de cette nouvelle série humoristique: «Les textes sont plutôt mordants, un angle peu exploité jusqu’à présent au Québec dans un univers féminin. Les téléspectateurs découvriront des femmes comme on en voit rarement à la télévision.»

Au départ, la comédienne doutait de sa crédibilité dans la peau d’une obsédée sexuelle. «Les situations sont très caricaturales, parfois même extrêmes, alors notre jeu doit être réaliste et même minimaliste, dit-elle. Le résultat est hilarant.»

«Le but de Complexe G, c’est d’abord et avant tout de divertir les gens, précise Anne Casabonne. Il ne faut pas être prude pour entrer dans cet univers, mais plutôt avoir l’esprit ouvert.» La série est tournée dans la Vieille Capitale, ce qui comporte plusieurs avantages.

«Après la journée de tournage, nous allons manger ensemble. Le fait que nous soyons toutes loin de la maison nous permet de socialiser, de créer rapidement des liens. Pas de mari, pas d’enfants... nous vivons dans une bulle appelée Complexe G, raconte Sonia Vachon en riant de bon cœur.

Un autre avantage: nous travaillons avec des comédiens de la ville de Québec. On a distribué une centaine de rôles secondaires à des gens d’ici. De nouveaux visages qui possèdent de l’expérience et beaucoup de talent, on aime ça!»


Six personnages, un look

«Nous avons choisi un seul look par personnage, comme dans la version française de l’émission, explique Claude Roussel, concepteur de costumes et chef habilleur. Les six comédiennes porteront donc les mêmes vêtements tout le long de la saison. Pour créer l’image de chaque personnage, nous sommes partis de la description des employées de ce bureau.»

Certains pourraient croire qu’il est plus facile de trouver un seul look que de monter toute une garde-robe, mais c’est plutôt le contraire. «Avec un seul et unique costume, il n’y a aucune marge de manœuvre: il faut trouver l’image parfaite, les vêtements qui traduisent en un clin d’œil l’essence du personnage. Pour ce faire, j’ai proposé plusieurs looks. Nous en avons retenu trois pour chaque comédienne. Ensuite, nous avons considéré le côté pratique: ces vêtements sont-ils confortables? Pouvons-nous trouver cette chemise et cette jupe en plusieurs exemplaires?»

Quel look s’est imposé de façon instantanée et lequel a donné du fil à retordre au créateur des costumes? «Le plus facile à trouver a été celui du personnage de Sonia Vachon. Pour une maman toujours de bonne humeur, des vêtements colorés et confortables étaient de mise. Le plus complexe à dénicher: celui d’Édith Cochrane.

Comme je ne trouvais pas la bonne coupe, la bonne couleur ou encore pas assez d’exemplaires de chaque morceau, j’ai dû faire faire son tandem chemisier-jupe sur mesure! Pour ce qui est du look du personnage d’Anne Casabonne, nous avons effectué plusieurs essais et erreurs avant de trouver le kit parfait pour une chef de projet déprimée, névrosée, anxieuse et “rejet”.»

Que pense la principale intéressée du look final? «J’ai essayé plusieurs vêtements, dont toute une gamme de beiges et de bruns. Finalement, l’équipe a opté pour une combinaison chemisier fleuri, veste en lainage et jupe en jean qui convient parfaitement à la personnalité vieille-fille-mal-dans-sa-peau d’Hélène.

M’enlaidir pour un rôle, ça ne me dérange pas le moins du monde. Si ça sert mon personnage, ça fait mon bonheur! Je trouve même des avantages à me glisser dans la peau d’une pas belle: lorsque je redeviens moi-même, j’apprécie vraiment ce que je vois dans le miroir!» confie Anne Casabonne en riant.


Les femmes de Complexe G vues par leurs interprètes

Karine (Édith Cochrane), la patronne, directrice du service commercial. «Elle est froide, sexiste, raciste, intolérante, sadique... Vous aimerez la détester! Mon secret pour la camper: paraître coincée, toute en tensions.»

Sarah (Pascale Bussières), la directrice des ressources humaines. «Sous ses allures distingués se cache une croqueuse d’hommes qui ne pense qu’au sexe. Le fait qu’elle adopte un look très classique rend sa déviance encore plus comique.»

Nathalie (Sonia Vachon), l’adjointe administrative. «Maman de cinq enfants, elle vient tout juste de revenir au boulot. Elle a de la difficulté à concilier le travail et la famille. Elle est de nature assez souriante, mais il lui arrive de péter sa coche solide!» (rires)

Hélène (Anne Casabonne), la chef de projet au marketing international. «Elle voudrait être sexy et avoir des amis, mais elle n’y arrive pas pantoute! Une chance qu’elle a ses chats et sa mère malade pour se divertir un peu.»

Méghan et Mégan (Mylène St-Sauveur et Catherine Paquin-Béchard), les réceptionnistes. «Plutôt fainéantes, elles sont au courant de tous les potins du bureau. Elles ont un petit côté éternelles adolescentes», explique Mylène. «Elles sont mesquines, ratoureuses, arrogantes, bref, un cauchemar pour leurs collègues!» renchérit Catherine.


INFOS EN VRAC

Dans le pilote de Complexe G, Édith Cochrane portait une perruque brune défraîchie. Finalement, l’équipe a choisi de conserver sa chevelure blonde. Le look impeccable de Karine la fait paraître encore plus méchante!

Pour quel type de compagnie les six employées travaillent-elles? Cette information n’est pas divulguée dans le cadre de la série, ce qui permet à tous les téléspectateurs de s’identifier aux personnages.

Dans Complexe G, les hommes n’ont que des rôles secondaires.

 

Complexe G sera diffusé à TVA dès le 17 septembre à 21 h.