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Secrets de plateau: «Deux hommes en or»

Secrets de plateau: «Deux hommes en or»

Collègues et complices

Par Nathalie Slight/TV Hebdo - 2017-11-02 15:28:19

Avec l’arrivée de Pierre-Yves Lord au sein de l’équipe, un vent de renouveau souffle sur la cinquième saison de Deux hommes en or, même si on a préservé le ton audacieux et pertinent que les téléspectateurs apprécient tant. Patrick Lagacé et son collègue nous font découvrir les dessous de ce rendez-vous incontournable du vendredi soir.


Une heure avant le début de l’enregistrement de Deux hommes en or, Patrick Lagacé et Pierre-Yves Lord se préparent dans la salle de maquillage, au deuxième étage du Monument-National. Une caméra est témoin de leur conversation. C’est une des particularités du plateau de ce magazine socioculturel: une équipe suit les animateurs dans les coulisses.

«Avant l’enregistrement, je ne ressens pas le besoin d’être dans ma bulle. Le fait qu’un caméraman assiste à la préparation ne me met pas mal à l’aise. Peut-être que si j’animais une émission en direct devant 3000 spectateurs, ce serait une autre histoire, mais le plateau de Deux hommes en or est assez relax, et l’atmosphère, plutôt intime», mentionne Patrick Lagacé.

Son complice, Pierre-Yves Lord, est du même avis: «Avant de me joindre à l’équipe, lorsque je regardais l’émission en tant que simple téléspectateur, j’appréciais particulièrement les segments tournés dans les coulisses. Je suis donc heureux de donner, à mon tour, accès à nos échanges sur l’actualité, à nos débats, à nos questionnements... bref, à tout ce qu’implique la préparation de notre émission.»


Pas de censure... ou presque

En début de journée, une caméra capte les «préliminaires», c’est-à-dire la réunion de production. La présence de la lentille freine-t-elle la spontanéité des membres de l’équipe? «Non. Nos réunions ressemblent vraiment à ça, à quelques détails près, puisqu’on se garde une petite gêne en ce qui concerne les sacres et les blagues grivoises. (rires) Vous remarquerez aussi que personne n’a un look négligé. Comme on dit dans le jargon du métier, nous sommes tous camera-ready!» explique Patrick.

En réunion, Pierre-Yves s’ex­prime sans censure. «Je fais confiance au réalisateur, au mon-teur... bref, à tous les membres de l’équipe. Leur but n’est pas de me faire mal paraître! Si je m’échappe en disant une niaiserie, ils ne la garderont pas au montage», précise-t-il.

Dans cette cinquième saison de Deux hommes en or, le numéro d’ouverture a été remplacé par une discussion entre les animateurs dans la salle de maquillage. «Il ne s’agit pas d’une improvisation libre à 100 %, puisque je prépare des pistes de conversation de mon côté et que Pierre-Yves fait la même chose du sien. Cependant, nous ignorons ce que l’autre va dire. Ça donne donc une conversation spontanée sur les enjeux de la semaine, même s’il y a un soupçon de préparation», révèle Patrick. Son coanimateur poursuit: «Par exemple, lors de la première émission, nous avons discuté du nouveau iPhone 8, de la rentrée de nos enfants, de l’ouragan Irma, etc. Nous aurions exactement le même genre de conversation s’il n’y avait pas de caméra!»


De bons invités

Le jour de notre passage sur le plateau, Gildor Roy, Normand Brathwaite, Lise Ravary et la dompteuse de buffles Rosalie Bilodeau participaient à Deux hommes en or.

Dans le milieu, Normand Brathwaite a la réputation d’être un excellent invité, car il est ex­trêmement patient. «Je ne vais pas “péter ma coche” parce que tout est trop long. Un tournage, on sait à quelle heure ça commence, mais on ignore à quelle heure ça finit! (rires) Je le sais, parce que je le vis chaque semaine sur le plateau de Belle et Bum. En entrevue, je me fais un devoir d’être généreux. J’ai souvent eu devant moi des artistes qui n’en donnaient pas assez, et j’ai haï ça pour mourir! Alors, quand j’accorde une entrevue, il y a du “stock” en masse; je ne réponds pas seulement par “oui”, “non” ou “peut-être”. Pour préparer mon passage à Deux hommes en or, j’ai accordé une préentrevue à une recherchiste. Sur le plateau, je change un peu mes propos — pas pour déstabiliser Pierre-Yves, qui m’interviewe, mais afin que ses réactions à mes paroles soient plus spontanées», confie-t-il.

Selon Patrick Lagacé, un bon invité doit avoir envie d’être là. «C’est aussi simple que ça! Une entrevue n’est pas une citation à comparaître; on n’est pas obligé de se présenter. Si on accepte l’invitation, on joue le jeu, on en donne plus que le client en demande. De notre côté, à Deux hommes en or, toute notre équipe effectue du travail en amont, en trouvant des questions différentes ou des angles que personne n’a abordés auparavant avec nos invités. Nous tournons 12 minutes d’entrevue, pour n’en conserver que 10 au montage; nos questions doivent être extrêmement bien ciblées.»

C’est au nouvel homme en or que revient le mot de la fin. «Une fois sur le plateau, toute la préparation est secondaire, puisqu’une entrevue est d’abord et avant tout basée sur l’écoute», conclut Pierre-Yves.


Cinq secrets de tournage

Dans l’entrée du Monument-National, où est enregistrée l’émission, il y a une machine à glace sèche. Grâce à la fumée qu’elle produit, jumelée à un jeu de lumière, l’arrivée des deux animateurs est spectaculaire!

Dans la salle, un barman sert des verres aux spectateurs.

Les animateurs n’ont pas de cartons pour se remémorer le contenu de leurs entrevues, mais plutôt des iPad. Petite anecdote: lors de la première émission, le iPad de Pierre-Yves s’est mis en mode «écran de veille» durant l’entrevue. En professionnel qu’il est, il a poursuivi la conversation.

Que fait Patrick lorsque Pierre-Yves mène seul l’entrevue À deux, c’est mieux? Il regarde l’émission dans les coulisses, avec les autres invités et l’équipe de production.

Après l’enregistrement, une fois que le public est parti, les membres de l’équipe se retrouvent pour prendre une bière. Il y a un bar au Monument-National; pourquoi ne pas en profiter?