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Secrets de plateau: «La disparition»
Les auteurs, Normand Daneau et Geneviève Simard. © Eric Myre

Secrets de plateau: «La disparition»

Une série anglophone made in Quebec!

Par Nathalie Slight / TV Hebdo - 2017-09-18 11:45:13

The Disappearance raconte l’enquête policière qui suit la disparition inexplicable du jeune Anthony Wilson, lors d’une chasse au trésor, le jour de son 10e anniversaire. Cette série, qui rassemble des comédiens américains, canadiens-anglais et québécois — dont Micheline Lanctôt et Kevin Parent —, a été tournée en anglais, à Montréal... à partir d’un scénario québécois!



Fermé depuis le printemps 2016, le pavillon Ross de l’hôpital Royal Victoria accueille plusieurs équipes de tournage. C’est dans une ancienne salle d’attente que nous rencontrons les auteurs de The Disappearance, Geneviève Simard (Jérémie, Ramdam) et Normand Daneau (un des comédiens d’Unité 9).


Des débuts difficiles

«Même si le tournage est presque terminé, Geneviève et moi ne réalisons pas encore tout à fait que notre histoire se retrouvera enfin au petit écran. Il faut comprendre que nous avons proposé le suspense La disparition il y a sept ans, à Radio-Canada. Le diffuseur était intéressé, mais craignait que ce soit redondant, puisqu’il y avait déjà une autre série policière à l’écran. Séries+ a donné l’aval au développement de notre projet, mais lorsque la chaîne est passée aux mains de Corus, notre série a été tablettée», raconte le comédien et auteur.

Refusant d’abandonner cet excellent thriller, la productrice associée au projet, Joanne Forgues, a pris l’initiative de faire traduire les trois premiers épisodes de La disparition, devenue The Disappearance, pour les présenter à Bell Média, propriétaire de la chaîne anglophone CTV. La production est alors passée à la vitesse grand V. «Après six ans d’attente, notre série a pris un chemin complètement inattendu: les diffuseurs CTV (anglophone) et Super Écran (francophone), ainsi que le distributeur NBC Universal International Studios, de Los Angeles, se sont joints au projet. Tous ces rebondissements nous ont menés à ce plateau situé dans les couloirs abandonnés de l’hôpital Royal Victoria. Si on m’avait dit, il y a sept ans, que notre série serait tournée en anglais à Montréal, avec un mélange d’acteurs américains, canadiens et québécois — dont Peter Coyote (E.T.), Aden Young (Rectify) et Joanne Kelly (Warehouse 13) —, je ne l’aurais tout simplement pas cru!» confie en riant Geneviève Simard.


Jouer les policiers

Dès le début, il y a sept ans, l’auteur Normand Daneau pressentait Micheline Lanctôt pour le rôle de la lieutenante-détective d’expérience de La disparition. «D’ailleurs, avant que la série ne devienne The Disappearance, mon personnage, Susan Bowden, se prénommait... Micheline! (rires) Lorsque le projet francophone est devenu anglophone, j’étais libre — à mon grand bonheur —, et on m’offrait toujours le rôle. De plus, comme j’ai déjà vécu en Californie, je n’ai pas d’accent québécois lorsque je parle anglais. La langue n’était donc pas un obstacle!» explique la comédienne.

Selon elle, accent ou pas, jouer dans une autre langue exige tout de même un certain ajustement. «Les francophones parlent beaucoup avec leurs mains. Au cours de la première journée de tournage, le réalisateur a dû me faire penser à ne pas gesticuler lorsque je livrais mon texte! (rires)»

Dans The Disappearance, Micheline Lanctôt forme un duo d’enquêteurs avec Kevin Parent, qui incarne le sergent-détective Charles Cooper. «Kevin et moi avons suivi une formation pour apprendre comment tenir un revolver et le sortir rapidement de l’étui. On nous a aussi montré les techniques d’approche lors d’une arrestation, comment interroger un suspect, etc. Je réalise un vieux rêve en campant une policière, pour la première fois de ma carrière! Cela dit, je me rends compte que mener une enquête devant la caméra, c’est beaucoup plus technique qu’on le pense: parler au téléphone, monter dans un véhicule et en sortir, discuter en voiture, chercher des indices, sonner à une porte, interroger des témoins... Je ne regarderai plus les séries policières de la même manière après avoir joué dans The Disappearance


Faire avancer l’intrigue

Les enquêteurs Susan Bowden et Charles Cooper forment un duo efficace, malgré leurs techniques fort différentes. «Mon personnage se fie beaucoup à son intuition, explique Kevin Parent. Il voudrait faire avancer les choses plus rapidement, mais sa coéquipière est très by the book. Il n’a donc pas le choix de suivre son rythme. Donner la réplique à Micheline Lanctôt, c’est un pur bonheur. Cette femme possède de belles valeurs: elle a le cœur à la bonne place, comme on dit. Notre duo d’enquêteurs soutient l’intrigue; ce sont les personnages de Peter Coyote, d’Aden Young et de Joanne Kelly (qui incarnent respectivement le grand-père, le père et la mère de l’enfant disparu) qui sont au cœur de l’histoire. Le récit est raconté du point de vue des victimes, et non des policiers.»

Sur le plateau, Kevin Parent s’exprime dans un anglais impeccable, puisqu’il s’agit de sa langue maternelle. «Jouer sur un plateau anglophone, c’est agréable parce que, de un, je renoue avec mes racines, et de deux, plusieurs personnes ignorent que je suis d’abord et avant tout musicien. Ici, je ne suis pas le chanteur qui incarne un personnage; je suis un acteur, un point c’est tout!» conclut Kevin Parent.


Le dernier rôle de Peter Coyote
Le juge à la retraite que l’acteur américain Peter Coyote incarne dans The Disappearance représente son dernier rôle. «Je ne souhaite pas continuer à jouer. Ce n’est pas à cause des équipes et des acteurs, mais à cause de la pression. Quatorze heures de tournage par jour, c’est fou. Personne ne peut travailler comme ça», souligne le comédien, dans un français quasi impeccable, pendant une pause de l’équipe de tournage. Il termine sa carrière en beauté, en se glissant dans la peau d’Henry Sullivan. «Depuis la mort de sa femme, seul son petit-fils arrivait à le faire sourire. Son enlèvement bouleverse tout. Henry veut absolument savoir ce qui lui est arrivé.»


Le premier épisode
Le premier épisode du thriller québécois retrace les événements qui se produisent le jour de la disparition d’Anthony Sullivan. Le drame survient alors que le gamin s’est lancé dans une chasse au trésor organisée par son grand-père Henry pour fêter ses 10 ans. Quelques heures après avoir rapporté son absence à la police, ses parents, Luke et Helen, sont informés qu’Anthony a été enlevé dans le parc où avait lieu la chasse au trésor.


La minisérie de six épisodes est diffusée le dimanche à 21 h, à super écran (en français) et à ctv (en anglais).