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Secrets de plateau: «Les magnifiques»
Les personnages de la comédie ne sont pas récurrents, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne sont pas mémorables! © Eric Myre

Secrets de plateau: «Les magnifiques»

Quand les filles se déchaînent

Par Nathalie Slight/TV Hebdo - 2017-12-19 13:24:18

Léane Labrèche-Dor, Geneviève Schmidt, Julie Ringuette et Marie-Hélène Thibault sont réunies dans un salon de coiffure situé sur la rive nord de Montréal pour jouer dans la nouvelle comédie à sketchs Les magnifiques. À voir l’hilarant quatuor au travail, il ne fait aucun doute que l’humour mordant, absurde et irrévérencieux de cette comédie séduira le public québécois.



Les magnifiques est une adaptation de la série alle­mande Ladykracher. «L’émission originale, qui en est à sa huitième saison, a été adaptée sous diverses formes un peu partout dans le monde. Dans Ladykracher, la même humoriste joue tous les rôles principaux; c’est aussi le cas de l’émission française, Mademoiselle. Dans d’autres pays, l’équipe de production a fait appel à plusieurs comédiennes. Après avoir regardé un certain nombre d’adaptations, nous avons opté pour un quatuor. Au départ, nous désirions réunir des comédiennes de différentes générations. Puis, à l’audition, Léane Labrèche-Dor, Geneviève Schmidt, Julie Ringuette et Marie-Hélène Thibault se sont distin­guées par leur excellent sens du timing et leur grand potentiel co­mi­que», explique Jean-François Léger, auteur et script éditeur des Magnifiques.


Un humour décalé

Les quatre comédiennes campent toutes sortes de personnages hauts en couleur, dans des lieux variés: une épicerie, une maison de banlieue, un poste de police, un parc, une cour d’école... «Aujourd’hui, nous sommes dans un salon de coiffure. Nous venons de tourner un sketch intitulé Urgence capillaire. Un homme (Frédéric Pierre) entre en trombe dans le salon, accompagné de sa femme qui vient de se découvrir quelques cheveux blancs. Le personnel les reçoit avec le même empressement que s’il s’agissait d’une accidentée de la route: “Installe-lui un soluté de 300 cc de teinture!” “On vient de la perdre! Réanimation avec les fers plats!”» raconte Julie Ringuette, qui incarne la coiffeuse-urgentologue. Marie-Hélène Thibault, qui se glisse dans la peau de la cliente aux cheveux blancs, ajoute: «Cette histoire donne une bonne idée de l’humour décalé des Magnifiques. Dans les sketchs, qui durent de 10 secondes à 3 minutes, on prend une situation quotidienne de l’univers féminin, puis on l’amène complètement ailleurs, et c’est hilarant!»


Des sketchs originaux

Des auteurs québécois signent plus de la moitié des sketchs. «Sur 250, 130 sont made in Québec! En regardant les deux premières saisons de Ladykracher, nous avons réalisé que, sur le plan culturel, plusieurs gags ne fonctionneraient pas ici, notamment ceux qui font référence à Hitler ou à Kim Jong-il. Par contre, certains numéros purement visuels sont universels, comme celui de la petite fille qui saute dans les bras de sa mère au parc. La scène, idyllique, est filmée au ralenti, jusqu’à ce que, soudain, la maman lâche son enfant et mesure la distance parcourue afin de savoir si elle a battu son record! (rires)», explique Jean-François Léger. Et qu’est-ce qui amuse les Québécois? «L’inattendu fait rire. Par exemple, un couple consulte un urologue, et le spécialiste est incapable de prononcer le mot “pénis”. Ce sont de petits détails, inévitablement drôles.»


Du comique de situation

Les personnages des Magnifiques ne sont pas récurrents. Léane Labrèche-Dor, Geneviève Schmidt, Julie Ringuette et Marie-Hélène Thibault ont donc campé des dizaines de femmes. «Ça va de la sirène à la “squeegee”, en passant par la parfaite maîtresse de maison qui rince ses tomates au ralenti, à la Ricardo. Dans la vie, je suis un clown, et cette émission me permet de camper des personnages que je n’aurais jamais incarnés autrement! Je ne suis pas la première comédienne à qui l’on pense lorsqu’on veut combler un rôle d’itinérante, mais ici, on me permet d’en jouer une!» mentionne Julie Ringuette avec enthousiasme.

«Les magnifiques, c’est de l’humour de situation, un genre peu exploité au Québec. Le style de jeu est très naturel, et les situations sont somme toute assez réalistes. Par exemple, nous pouvons incarner des avocates dignes d’une scène de Ruptures, mais au lieu de plaider un divorce, nous nous occupons d’une cause complètement loufoque!» ajoute Léane Labrèche-Dor.


Le sens du timing

Dotées d’un solide sens du timing, les vedettes des Magnifiques doivent faire des efforts incommensurables pour garder leur sérieux sur le plateau. «Ça nous arrive fréquemment de décrocher. Nous nous faisons beaucoup rire les unes les autres. Tout à l’heure, Geneviève m’a jeté un coup d’œil de coiffeuse trop attentive alors que j’étais assise sur sa chaise. Ce petit détail n’était même pas indiqué dans le texte, mais ça m’a fait rigoler sans bon sens», explique Marie-Hélène Thibault.

«L’autre jour, alors que je rentrais à la maison en voiture après un tournage de nuit, j’ai ri de Saint-Eustache à Montréal, un peu à cause de la fatigue et, surtout, parce que j’ai beaucoup, beaucoup de plaisir avec l’équipe des Magnifiques!» souligne par ailleurs Geneviève Schmidt.


La série Les magnifiques est présentée le vendredi à 21 h 30, à Radio-Canada.