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Tout le monde en parlait: Le dopage olympique
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Tout le monde en parlait: Le dopage olympique

Mardi 24 juillet 19 h 30, Radio-Canada

Julie Bosman / TV Hebdo - 2012-07-11 16:12:06

À quelques semaines des Jeux de Londres, Tout le monde en parlait rappelle que la compétition olympique n’est pas qu’une affaire de sport, mais aussi de science, de politique et... de dopage.





Où étiez-vous lors de la finale du 100 m sprint aux Jeux olympiques de Séoul, en septembre 1988? Christiane Ayotte, la directrice du Laboratoire de contrôle du dopage sportif à l’INRS-Santé, à Montréal, l’acteur et animateur Paul Houde, le journaliste Robert Frosi et les ex-athlètes Bruny Surin et Pierre Harvey se souviennent parfaitement de cette journée historique, au cours de laquelle le sprinter canadien Ben Johnson a été consacré comme l’homme le plus rapide du monde, devant l’Américain Carl Lewis.


Le héros déchu

Son temps record de 9,79 secondes a hissé Ben Johnson au rang de héros et l’a fait monter sur la première marche du podium. Mais sitôt célébré, le dieu a été déchu à la suite d’un test antidopage aux stéroïdes anabolisants positif. «C’était la victoire de la dope, de la triche et du déni», résume Christiane Ayotte.


Un débat politique

Tous les intervenants, sauf cette dernière, évoquent l’hypothèse du bouc-émissaire et soulèvent la question de la nationalité de l’athlète. Aurait-il été pris s’il n’avait pas été Canadien? A-t-on voulu se servir de lui pour lancer l’avertissement que même un champion n’est pas à l’abri? Ben Johnson, lui, a fermement nié s’être drogué.

Jean Charest, qui était à l’époque le nouveau — et très jeune — ministre fédéral des Sports, a rapidement voulu détacher son ministère de ce triste événement. Afin de redorer son image, le gouvernement a institué la commission Dubin, qui a été chargée de faire la lumière sur le recours aux drogues et aux pratiques interdites pour améliorer la performance athlétique.

Ce «long mea-culpa qui voit défiler des dizaines d’athlètes et quelques entraîneurs est un exercice pénible et humiliant», rappelle-t-on dans l’émission.


Un fléau récurrent

Après avoir servi sa peine de suspension, Ben Johnson a repris la compétition et s’est fait prendre à deux autres reprises, jusqu’à ce qu’il soit banni à vie.

Tout le monde en parlait utilise les éléments-clés et les conséquences de ce scandale sans précédent dans l’histoire canadienne comme point de départ pour aborder, de manière plus générale, la problématique du dopage, qui a connu, dit-on, un point culminant lors des Jeux de Montréal, en 1976.


Un problème actuel

Il semble que le dopage n’est pas près de disparaître et que la lutte à ce phénomène s’apparente au jeu du chat et de la souris. L’idée serait-elle, en fin de compte, de ne pas se faire prendre? Verra-t-on aux Jeux de Londres des héros être déchus de leur médaille?

Dans la deuxième partie consacrée à la question du dopage olympique, qui sera diffusée le mardi 1er août à 19 h 30, Tout le monde en parlait revient sur la création de l’Agence mondiale antidopage — dont le bureau principal est à Montréal —, aborde les conséquences du dopage sur les athlètes non dopés, explore la question du lien entre les athlètes et le marketing, pose le dopage comme arme de la guerre froide et rappelle que la lutte à ce fléau est, en fin de compte, une question de vie ou de mort.

Paul Houde est particulièrement éloquent lorsqu’il parle de sportifs, maintenant oubliés, qui ont payé de leur vie leur tentative de monter sur la plus haute marche du podium.