Télévision / Reportages

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Zoom: Madeleine Péloquin
Madeleine Péloquin © Patrick Séguin

Zoom: Madeleine Péloquin

Une carrière en plein essor

Par Annie Hogue / TV Hebdo - 2015-12-22 16:48:25

La dernière année a été marquante pour Madeleine Péloquin, qui a enchaîné les projets à la télévision, au cinéma et au théâtre. Nous l’avons vue l’automne dernier dans Pour Sarah et, cet hiver, elle est l’une des têtes d’affiche des séries Ces gars-là et Les pays d’en haut.





Madeleine, es-tu comédienne depuis longtemps?

Je suis sortie de l’École nationale de théâtre en 2002. Ça fait donc une bonne douzaine d’années que je fais ce métier.


Tu n’as jamais voulu faire autre chose?

En fait, après avoir terminé ma formation à l’École nationale, je me suis inscrite en magagement à HEC Montréal. J’avais une compagnie de production théâtrale et je voulais acquérir une formation dans le domaine. Je suis même devenue chargée de cours à cet établissement universitaire.


J’imagine que les étudiants ont dû être surpris de voir que tu étais leur chargée de cours?

Effectivement, en tout cas pour ceux qui me reconnaissent. Souvent, les étudiants mettent un certain temps avant de faire le lien. Ils ont l’impression de me connaître, mais ne savent pas d’où. Les cours que je donne ne sont pas des cours magistraux. Ce sont des cours qui demandent des habiletés en communication. Les étudiants oublient vite que je suis comédienne.


Quels rôles ont été les plus marquants pour toi?

Il y en a plusieurs et pour diverses raisons. Tout d’abord, il y a eu le rôle que j'ai tenu dans Trauma durant les cinq saisons. Ensuite, au cinéma, il y a eu le rôle de sœur Cécile dans le film Pour l’amour de Dieu de Micheline Lanctôt. Celui-ci m’a permis de me positionner dans le cinéma québécois. Je dirais aussi que 2015 a été une année marquante, car j’ai joué plusieurs rôles variés qui m’ont permis d'exploiter mon registre de comédienne et de le faire découvrir aux gens.


Cet hiver, tu incarnes Angélique dans Les pays d’en haut. Décris-nous ce personnage.

Angélique est l’une des rares femmes qui vit seule dans le village. Elle est la postière et a une vie assez difficile. Elle est issue d’une certaine bourgeoisie puisque son père, qui l’a délaissée, est juge. Angélique a conservé son flegme et aime faire comme si elle appartenait encore à ce milieu, bien qu’elle n’ait plus les ressources financières qui s’y rattachent. C’est une femme qui a deux facettes, et nous la voyons se transformer au fil du temps. Au départ, elle porte bien son nom, mais elle devient ensuite une autre femme. Elle veut rester digne et, pour cela, elle est prête à certaines bassesses. Sans en dire plus, je peux révéler qu'Angélique se transformera en quelque sorte en peste!


Est-ce une chance de participer au tournage d'une série d'époque?

Oui, c’est toujours excitant et je me sens privilégiée de participer à ce type de série. L'équipe était formidable, et l'écriture, magnifique. Pour ce genre de tournage, on se fait coiffer, on enfile notre costume et déjà on a l’impression d’être quelqu’un d’autre. C’est drôle, car je jouais en même temps dans Nitro Rush et Pour Sarah. Un jour, j'enfilais mon costume d’époque et mon corset, le lendemain j’étais Daphnée, la James Bond Girl dans sa décapotable, et le jour d’après, je portais ma prothèse de femme enceinte dans Pour Sarah.


Est-ce que tu connaissais Les belles histoires des pays d’en haut avant de jouer dans Les pays d’en haut?

Oui, mais à partir du moment où j’ai su que j’avais le rôle, j’ai volontairement pris mes distances. Je savais que c’était une autre version et je voulais qu’on découvre mon personnage autrement.


Tu incarnes aussi Audrey dans Ces gars-là

Oui et j’aime dire que cette série est un pur bonheur. Nous sommes une petite équipe, et les gars (Simon-Olivier et Sugar Sammy) sont vraiment gentils. J’étais fan de la série, même avant d'y tenir un rôle. C’est un registre tout autre, un registre comique. Sam est le clown, et moi, je suis plus sérieuse. Nos deux personnages veulent être ensemble mais tout se ligue contre eux.


As-tu d’autres projets?

À la télé, il y a Mirador qui sera présentée à Séries+, où je campe un très beau rôle auprès de Richard (Gilles Renaud). Je suis une aidante qui «connecte» beaucoup avec lui. Je reprends le rôle de Patricia, qui était joué par Monia Chokri. Par contre, au cours de cette dernière saison, on souhaitait explorer plus en profondeur la vie des personnages. Ainsi, le type de relation entre Patricia et Richard a changé. Nous avons laissé tomber l’infirmière-prostituée, et la relation ressemble plus à une relation père-fille. Gilles était mon professeur à l’École nationale, et c’est la première fois qu’on jouait ensemble.

Au théâtre, je viens de terminer une tournée en France avec Albertine en cinq temps, de Michel Tremblay. La tournée a été très bien reçue, et nous n’avons pas mis la hache dans les décors. On pourrait donc reprendre la pièce. Il y a aussi ma compagnie de théâtre, La Tourbière.

Dans la vie, je suis en couple avec Jean-François Nadeau, qui jouait mon chum dans Pour Sarah... mais il est beaucoup plus gentil en vrai! (rires) On se sert de la compagnie de théâtre pour réaliser des projets qui nous font vraiment plaisir. Jean-François est un super artiste et un auteur formidable. C’est lui qui écrit les pièces. Le théâtre de création exige énormément de travail, et nous avons présentement deux projets en chantier. On essaie d’ailleurs d’en réaliser un par année.


Tu as eu une année très chargée. Que fais-tu pour te relaxer et décrocher?

Tout passe par les mains. Je fais du jardinage, du terrassement et des rénovations. J’aime aussi le sport. Il faut que ça bouge!