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Zoom: Sophie Desmarais
Dans «Sarah préfère la course». © Les films Séville

Zoom: Sophie Desmarais

«Je n'ai jamais envisagée de mener une autre carrière»

Par Annie Hogue / TV Hebdo - 2015-07-22 16:02:36

Sophie Desmarais était l’une des jeunes actrices les plus en vue de la saison dernière. Elle a enchaîné les pièces de théâtre, les films et les séries télé. Celle qu’on a découverte grâce à son rôle de Suzie dans Yamaska a su montrer sa polyvalence.




Sophie, comment es-tu devenue comédienne?

J’ai commencé en faisant du théâtre au collège, dans les cours de français. J’ai eu la piqûre, et je n’ai jamais envisagé de mener une autre carrière. Les gens ont parfois une certaine appréhension par rapport à ce métier, mais j’ai eu de la chance, car ma famille m’a toujours encouragée. J’ai passé mes auditions à 16 ans et j’ai suivi ma formation jusqu’à l’âge de 20 ans.


Depuis combien de temps exerces-tu ce métier?

Depuis neuf ans. Ça passe vite! Comme je le disais, j’ai commencé à jouer à l’école, mais à 15 ans j’ai participé au film Head in the Clouds, avec Charlize Theron et Penélope Cruz. D’autres acteurs québécois, dont Karine Vanasse et David La Haye, faisaient également partie de la distribution. Ç’a été ma première audition et mon premier rôle.


Considères-tu qu’il y a eu un tournant dans ta carrière?

C’est étrange, mais j’en ai plus ou moins conscience. Je travaille constamment depuis ma sortie de l’école. Cependant, le film Sarah préfère la course s’est en quelque sorte révélé un tremplin. Ç’a confirmé certaines choses, et j’ai reçu des offres par la suite. Auparavant, j’avais joué dans des films indépendants, mais dans très peu d’émissions de télé, car je ne décrochais pas de rôles.


Parle-moi de ton expérience sur le plateau du téléroman Yamaska...

C’est tellement le fun! Je suis arrivée durant la deuxième saison. Je ne devais participer qu’à trois jours de tournage, mais l’équipe a aimé le personnage et a trouvé qu’il apportait quelque chose de plus à l’intrigue, alors elle a décidé de le garder. Je suis chanceuse, puisque je suis toujours là et on en est à la septième saison!


Tu as joué dans deux autres séries cette saison, En thérapie et Mon ex à moi...

Oui. J’étais à la fois très heureuse et apeurée quand j’ai obtenu le rôle dans En thérapie. Le personnage était complexe, et c’est difficile de camper une si jeune femme qui a le cancer. Ça m’a ouvert les yeux sur cette réalité. Le réalisateur, Louis Bélanger, qui est un cinéaste extraordinaire, m’avait vue au théâtre, et il savait que je pouvais incarner ce personnage.

En ce qui concerne Mon ex à moi, j’ai reçu un appel d’Émilie Fanning en juin 2014. Elle m’avait vue dans un épisode d’En audition avec Simon il y avait déjà plusieurs années, et elle pensait que j’avais le potentiel comique nécessaire pour jouer sa Miss Parfaite. J’ai travaillé avec une équipe extra sur ce plateau, et c’était mon premier rôle principal. Je suis ravie que Mon ex à moi revienne pour une deuxième saison.


Qu’est-ce qui t’allume dans un rôle et te donne envie de le jouer?

Je suis une personne instinctive. Je vérifie en quoi consiste le projet, qui en sont les créateurs, si le tout est cohérent et si les textes me touchent — et s’ils me font rire, dans le cas d’une comédie. Ensuite, je vois si tout ça me fait vibrer. J’ai besoin d’avoir l’impression que je peux me renouveler et que le rôle est différent de ceux que j’ai déjà tenus. Par exemple, avant Mon ex à moi, j’avais joué dans des films sérieux. Ça m’a fait du bien de tourner quelque chose de plus léger, même si mon personnage pleurait tout le temps dans les premiers épisodes. (rires)


Quels sont tes projets?

C’est une période assez calme pour moi, j’essaie donc de me reposer. Yamaska est en tournage, et j’apprendrai mes textes pendant l’été. Je reprendrai le travail plus intensément vers la fin de l’été; le tournage de Mon ex à moi commencera alors, et je répéterai la pièce Instructions pour un éventuel gouvernement socialiste qui souhaiterait abolir la fête de Noël, avec Luc Picard; nous partons en tournée avec ce spectacle. En janvier 2016, je jouerai dans la pièce Pelléas et Mélisande, qui sera présentée au TNM.


Que fais-tu quand tu veux décrocher?

Je voyage si je peux me le permettre. Par ailleurs, j’adore faire du yoga, passer du temps dans la nature, louer un chalet et faire de la randonnée pédestre. J’aime aussi prendre le temps d’aller voir les expositions que je n’ai pas eu le temps de voir et faire des escapades dans des villes comme New York pour assister à des spectacles.


Les gens te parlent-ils souvent de tes rôles?

Ils ne me reconnaissent pas très souvent, si je me compare à certains de mes amis. Lorsque ça arrive, les séries et les films dont on me parle varient selon l’endroit où je suis. À Montréal, c’est Yamaska, Mon ex à moi et des pièces de théâtre dans lesquelles je joue. Ailleurs, c’est Yamaska et des films comme Sarah préfère la course et Henri, Henri.


Que te dit-on à propos de Suzie dans Yamaska?

Au début, les gens la trouvaient vulgaire. Ils me disaient que j’étais une petite tannante! Cependant, avec le temps, ils se sont attachés à elle, à son côté terre-à-terre et à ses maladresses.


Qu’est-ce qui l’attend la saison prochaine?

Elle vivra des événements dramatiques et inattendus. Elle n’a pas non plus oublié Théo (Guillaume Perreault).


Lequel de tes rôles t’a le plus marquée?

Celui d’Iris, dans En thérapie. J’ai dû mener des recherches pour mieux comprendre le cancer. Comme je suis hypocondriaque, ç’a été dur pour moi. Mon objectif était de jouer toutes les nuances du personnage, ce qui représentait un gros défi. De plus, à ce moment, certaines personnes proches de moi combattaient un cancer et suivaient des traitements de chimio. Ce n’était donc pas une période facile, mais j’ai beaucoup appris sur moi-même et sur les autres. En thérapie est une série tellement bien écrite! Les sujets traités sont universels et viennent tous nous toucher à un moment ou à un autre.