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Martin Petit: «Je suis un gars de gang, mais je ne suis pas un gars de pêche»
© Daniel Auclair

Martin Petit: «Je suis un gars de gang, mais je ne suis pas un gars de pêche»

Kim Nunès / Agence QMI - 2016-11-01 09:38:02

C’est dans un nouveau chalet que se déroulent les intrigues de la quatrième saison des «Pêcheurs». Et vous serez heureux d’apprendre que Martin Petit se prépare déjà à l’écriture de nouveaux épisodes! Deux fois en nomination aux Gémeaux 2016, l’auteur, humoriste et acteur nous a reçus au Bordel Comédie Club pour nous parler de ce qui lui tient le plus à cœur: sa famille, l’écriture et ses amis.



Martin, au cours des dernières semaines, nous avons découvert le nouveau chalet des Pêcheurs...

Oui! Cette année, c’est d’ailleurs la première fois qu’on raconte une histoire sur plusieurs épisodes; les parents de Martin se sont séparés et ont vendu le chalet. La construction était si petite qu’on a filmé partout où on pouvait: dans les toilettes, sur le toit... On devait donc déménager. Le nouveau chalet permet de créer de nouvelles histoires, que je n’aurais pas pu écrire en restant à l’ancien...


Est-ce que vos enfants, âgés de sept et neuf ans, ont assisté aux tournages?

Comme mon vrai chalet n’est pas loin de celui qu’on utilise pour les tournages, mes enfants viennent régulièrement. C’est d’ailleurs le règlement; s’ils ont envie de me voir, ils viennent!


Jusqu’à maintenant, nous les avons vus dans chaque saison. Aurons-nous la chance de les revoir cette saison-ci?

Chaque année, je leur écris un peu plus de texte. Je leur donne des défis. Cette saison-ci, il y a une scène où ils sont seuls; il n’y a personne d’autre dans le plan. En les voyant jouer la scène, je suis devenu super stressé. J’étais incapable de les regarder. Je n’étais plus l’auteur ni l’acteur, j’étais leur papa et je voulais qu’ils réussissent du premier coup, même si je sais que c’est normal de reprendre des scènes plusieurs fois! Mais ils sont bons, mes enfants. Quand ils jouent, je dois juste aller marcher et partir avec mes angoisses! (rires) En tant que papa, je sais comment les élever, mais je ne sais pas comment les diriger sur un plateau. Je laisse donc cette partie au réalisateur.


Est-ce vos enfants qui vous ont exprimé le désir de se retrouver devant la caméra?

C’est sûr! Ce n’est pas moi qui leur impose ça. Cependant, mes enfants ne veulent pas jouer dans autre chose. Ils veulent jouer dans «Les pêcheurs»... avec moi! Ils savent que c’est mon univers et ils veulent en faire partie. Ils seraient tristes de voir d’autres enfants jouer leur rôle.

Pour eux, «Les pêcheurs», c’est une histoire de famille. D’ailleurs, mon fils de sept ans veut devenir comédien depuis qu’il a deux ans. Il m’a dit: «Je veux faire la même chose que toi, papa. Je veux être dans Les pêcheurs!» J’ai dû lui expliquer qu’un jour, l’émission arrêtera. Il était outré! Mais quelques minutes plus tard, il m’a dit que quand il sera grand, il reprendra l’émission! (rires)


Votre autre garçon a-t-il la même ambition?

Je ne sais pas! Mon plus vieux est très créatif, mais il est très introverti. Il me ressemble plus que mon plus jeune, puisque je suis aussi un artiste introverti. La preuve: moi, faire un show de deux heures, ça m’épuise. Contrairement à d’autres, je ne sors pas d’un show énergisé. Ça me brûle!


Est-ce comme ça depuis toujours ou seulement depuis que vous êtes papa?

J’ai toujours été comme ça. À la base, je suis un auteur, alors ce qui me donne de l’énergie, c’est le silence, c’est d’être dans mon bureau et d’écrire. De cette façon, je trouve rapidement mon équilibre. Généralement, je travaille seul du mois d’octobre au mois de mai; je suis isolé et j’écris alors 80 % de mon temps.


Écrivez-vous à la maison ou à l’extérieur?

À cause des enfants, j’écris maintenant à l’extérieur. Ils ne sont pas allés longtemps à la garderie; ils revenaient donc tôt à la maison. Par contre, il était hors de question que je ferme la porte de mon bureau et que je les empêche d’entrer.


Ainsi, vos enfants, tout comme votre conjointe, Daphné L’Heureux, sont très impliqués dans votre carrière. Est-ce important pour vous?

Oui! Je serais malheureux si j’allais tourner «Les pêcheurs» 40 jours à l’extérieur. Je pense que je n’aurais pas de plaisir. Les humoristes qui viennent au chalet restent trois jours, alors que moi, je dois être là 40 jours. Si je ne pouvais pas revenir à la maison le soir, ça n’aurait pas de sens pour moi.


En quoi le Martin des «Pêcheurs» vous ressemble-t-il?

Ce qui est vrai de l’émission, c’est que je suis un vrai gars de gang. D’ailleurs, on a fondé en gang le Bordel Comédie Club — un cabaret consacré à l’humour. J’étais dans un groupe d’humour, dans des ligues d’impro... Par contre, je ne suis pas un gars de pêche! Je m’y connais en amis, mais beaucoup moins en poissons!


L’improvisation a eu une place importante dans votre parcours. Est-ce ce qui a permis de transformer l’adolescent peu sûr de lui en l’homme confiant que vous êtes devenu?

Je ne sais pas ce qui s’est passé... Par contre, quelqu’un m’a un jour demandé de faire partie d’une équipe d’impro, et j’ai eu la stupidité ou la naïveté de penser qu’il s’adressait à moi pour vrai... J’étais au cégep. Claude Legault était le coach. Quand je suis monté sur scène et que j’ai entendu les rires, il s’est passé quelque chose. Je faisais déjà preuve d’humour et d’imagination, mais avant de faire de l’impro, je n’avais pas trouvé le véhicule pour l’exploiter.


Écrire est un geste très intime. Avez-vous mis du temps avant d’avoir suffisamment confiance en vos écrits pour les faire lire à d’autres?

Ça m’a pris du temps. J’ai fait de l’improvisation quatre ou cinq ans avant de me mettre à l’écriture. Je l’ai fait avec beaucoup d’humilité, car écrire, c’est un métier. Il faut en écrire, des pages, avant d’en avoir une bonne! J’ai eu l’impression de découvrir un métier intéressant. Je me suis désintéressé de l’impro quand je me suis rendu compte qu’en une semaine, je pouvais écrire un sketch de cinq minutes plus intéressant que ce que je pouvais improviser. Les limites de l’impro me sont alors apparues.


Quel est votre fantasme d’écriture?

Mon vrai fantasme, ce serait d’avoir les moyens de Woody Allen. J’envie la liberté qu’il a. J’aimerais écrire une série pendant une année, un film l’autre année... J’aimerais aussi pouvoir adapter mon horaire à celui de l’école pour être en parfaite harmonie avec ma famille.
Généralement, je travaille seul

«Les pêcheurs», le mercredi à 21 h, à Radio-Canada.