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«Docteur Strange»: Le meilleur film de Marvel
© Disney

«Docteur Strange»: Le meilleur film de Marvel

Par Isabelle Hontebeyrie / TV Hebdo - 2016-11-01 09:27:47

«Docteur Strange» est sans conteste le meilleur Marvel depuis… aucun. Le long métrage avec Benedict Cumberbatch est le meilleur film de super héros à sortir des studios Marvel. Point.
Les super héros saturent le grand écran. Excluant «Docteur Strange», Marvel et Disney nous ont donné par moins de 13 longs métrages depuis 2006, date de sortie du tout premier «Iron Man»!




Évidemment, devant une telle avalanche, il n’est pas facile de se renouveler et de surprendre les cinéphiles. Pourtant, c’est ce que parvient à faire cet excellent «Docteur Strange» à voir en 3D pour profiter des effets visuels diantrement créatifs.

Deuxième long métrage de la phase trois du MCU (l’univers cinématographique de Marvel) après l’indigeste «Capitaine America: la guerre civile», «Docteur Strange» constitue un virage mémorable, à la fois en terme de scénario et d’effets spéciaux.

Stephen Strange (Benedict Cumberbatch, parfait) est un neurochirurgien imbu de lui-même. Victime d’un grave accident de voiture qui lui détruit les mains, il ne peut plus opérer. Désespéré, il décide de se rendre au Kamar-Taj, à Katmandou, au Népal, où vit l’Ancien (Tilda Swinton, impeccable comme toujours), un sage capable de le guérir. Or, en apprenant la magie, Strange découvre que notre monde est menacé par Kaecilius (Mads Mikkelsen), ex-élève de l’Ancien, qui souhaite abolir le temps en utilisant la Dimension noire.

Signé par Thomas Dean Donnelly («Conan»), Joshua Oppenheimer («Conan») et Jon Spaihts («Prometheus»), le scénario démarre de manière bien dramatique alors que Strange est victime de son accident de voiture. Comme Tony Stark avant lui, le neurochirurgien n’est jamais antipathique malgré tous ses défauts (il a même un petit côté James Bond avec sa montre et sa voiture de luxe), ce qui permet au spectateur de compatir au sort du protagoniste en plus de comprendre sa réaction de rejet de Christine (Rachel McAdams qui donne du corps à ce personnage secondaire), une ancienne conquête.

L’homme détruit qui arrive au Kamar-Taj est mûr pour le plus important des apprentissages, celui du laisser-aller, une leçon administrée avec beaucoup d’humour par l’Ancien – le choix d’une femme pour ce rôle d’homme s’avère un pari réussi – et grâce à des effets spéciaux supervisés par le réalisateur Scott Derrickson («Sinister» et «Délivre-nous du mal») qui puise ici dans le visuel psychédélique de la bande dessinée.

Dramatique, humour et effets spéciaux sont les trois piliers autour desquels s’articule ce «Docteur Strange» qui semble destiné à un public plus mature, plus introspectif et plus difficile à satisfaire que celui des «Thor», «Capitaine America» ou «Ant-Man».

Car rien n’est gratuit au cours de ce long métrage de 115 minutes, chaque scène ayant son importance dans le cheminement de celui qui deviendra un super héros. Impossible également – et c’est tant mieux – d’y trouver une morale simplette à l’image de celle présente dans «Capitaine America: la guerre civile», Kaecilius n’étant pas un méchant en termes manichéens.

Par ailleurs, les effets spéciaux spectaculaires et innovateurs n’ont pas pour but de masquer la faiblesse du scénario, mais bien de faire pénétrer le spectateur dans l’univers si particulier de ce docteur Strange, dont le nom signifie «étrange» en anglais. Étrange? Oui, dans le sens d’inhabituel pour un film sorti de chez Marvel. Et c’est tant mieux, car le long métrage – un peu comme «La reine des neiges» avait marqué un renouveau pour les studios de la souris – est un vent de fraîcheur, d’intelligence et d’émotion qui manquait à cet univers cinématographique qui n’en finit plus. Oui, «Docteur Strange» est bien le meilleur Marvel.

Note: 4,5 sur 5