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«Inferno»: Descente aux enfers
© Columbia Pictures

«Inferno»: Descente aux enfers

Par Isabelle Hontebeyrie / TV Hebdo - 2016-11-01 09:26:17

Dan Brown, Tom Hanks, Ron Howard. Le suspense s’annonçait trépidant. Mais non. Le film n’est pas à la hauteur des promesses.







La première demi-heure d’«Inferno» démarre sur les chapeaux de roues, Ron Howard utilisant à bon escient toute la palette des artifices (montage nerveux, effets spéciaux apocalyptiques, gros plans, mixage sonore adéquat, etc.) destinée à faire naître des sursauts chez le cinéphile. Las, le cinéaste et le scénariste David Koepp sont incapables de maintenir ce rythme plus longtemps.

Lorsque s’ouvre cette troisième adaptation d’un roman de Dan Brown mettant en vedette Robert Langdon (Tom Hanks), le spécialiste réputé en symbiologie se trouve à l’hôpital, bien mal en point. Victime d’hallucinations terribles – il voit la population mondiale en train de mourir des pires maladies -, pressentant l’imminence d’un danger, le célèbre professeur souffre de terribles maux de tête et d’une amnésie qui l’empêche de savoir où il est et ce que tout cela veut dire.

Sienna Brooks (Felicity Jones), la médecin italienne qui veille sur lui, le prend rapidement en charge, d’autant qu’une policière est sur les trousses de Langdon et cherche à le tuer dans son lit d’hôpital. Chez Sienna, Langdon commence à se souvenir de certains éléments, qui ont tous un rapport avec Bertrand Zobrist (Ben Foster). En effet, le richissime homme d’affaires – qui choisit, dès les premières minutes du long métrage, de se jeter dans le vide pour échapper à Christoph Bouchard (Omar Sy), son poursuivant – prône une théorie selon laquelle l’accroissement de la population humaine est devenu à ce point incontrôlable qu’il faut tuer des milliards de personnes pour en sauver des milliards d’autres.

Robert Langdon va donc tenter de démêler le vrai du faux dans ses souvenirs, tout en fuyant le nombre impressionnant de personnes - Elizabeth Sinskey (Sidse Babett Knudsen), Harry Sims (Irrfan Khan), Vayentha (Ana Ularu) – qui sont à ses trousses.

Les lecteurs des romans de Dan Brown connaissant la fin – et donc le punch – de cette intrigue apocalyptique s’appuyant sur les neuf cercles de l’enfer décrit par Dante dans «La divine comédie», la mission de Ron Howard, de Tom Hanks et du reste de l’équipe est donc de mener le cinéphile à bon port en lui faisant revivre les trépidations ressenties à la lecture du roman policier. Et ce jeu de piste historique a beau se dérouler à Florence, sans conteste l’une des plus belles villes du monde, les 121 minutes finissent par sembler bien longues. Hanks, malgré tout son talent, semble jouer en mode «pilote automatique» (la comparaison avec l’excellent «Sully» de Clint Eastwood s’impose immédiatement à l’esprit) et ne parvient pas à rendre Langdon attrayant. Car on aimerait se sentir concerné, on aimerait être autre chose qu’un spectateur passif devant un écran, on aimerait aimer Robert Langdon. Mais non, on n’y parvient pas. Et malgré un budget dodu de 75 millions $, Ron Howard n’arrive pas, passé la première demi-heure, à nous sortir d’un profond ennui.

Note : 2,5 sur 5