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«Le pacte des anges»: Sur la route
© Axia Films

«Le pacte des anges»: Sur la route

Par Isabelle Hontebeyrie / TV Hebdo - 2016-11-01 09:29:08

Les performances de Marc Messier, Émile Schneider et Lenni-Kim Lalande rendent intéressant ce suspense au scénario plutôt convenu.







Être au mauvais endroit au mauvais moment, c’est ce qui arrive à Adrien (Marc Messier, très bien choisi pour ce personnage au visage buriné par le temps qui cache un lourd secret), un retraité apparemment sans histoire, passionné de chasse. En effet, il assiste au passage à tabac d’un inconnu par deux jeunes, Cédric (Lenni-Kim Lalande, éblouissant de sincérité), 14 ans, et William (Émile Schneider qui confirme le talent constaté dans l’excellent «Embrasse-moi comme tu m’aimes» d’André Forcier), 18 ans.

Les deux frères vont donc kidnapper Adrien, incapables qu’ils sont de le supprimer. En fuite, l’otage et les ravisseurs vont évidemment développer des rapports de plus en plus profonds. Car, les 95 minutes de ce suspense dramatique réalisé par Richard Angers qui signe également le scénario, servent à pénétrer plus avant dans la vie des trois personnages.

Bien rythmé et distillant les informations au compte-goutte sans jamais que le procédé ait l’air d’une recette, Richard Angers, connu pour sa série «La Chambre n°13» ainsi que le documentaire «Fou des oiseaux» se concentre sur le passé et la psychologie des trois protagonistes, permettant ainsi au spectateur de saisir les enjeux de ce suspense. Au fil des scènes de fuite, d’une station-service à la chambre d’un motel vide pour l’hiver, les enfants développeront une complicité avec Adrien. Cédric, en raison de son âge, est le premier à «craquer», à chercher en Adrien la figure paternelle qui lui manque. Révolté et violent, sans aucune compréhension des conséquences de son geste, William sera plus long à la détente.

C’est probablement là l’originalité de ce «Pacte des anges», dans la jeunesse des ravisseurs. Si l’on est habitué à ce genre de film, rares sont les malfrats encore mineurs ou peu s’en faut. Les raisons de leur geste de départ – le tabassage – ne sont jamais complètement expliquées, mais ce qu’ils racontent de leur passé suffit à saisir leur révolte et leur mal-être.

Si la fin est, comme dans bien des cas, trop optimiste et prévisible pour sonner juste, le reste du long métrage est convaincant et se regarde avec un intérêt non dissimulé, les paysages grandioses de Gaspésie (les scènes de chasse dans la brume sont particulièrement réussies) ajoutant à la rudesse du propos et au malaise ressenti devant ces jeunes qui tiennent un fusil.

Note : 3 sur 5